Accueil du siteDossiers thématiques > Vendre son bois

- Vendre son bois -

Pour la plupart des propriétaires forestiers, vendre du bois est une opération exceptionnelle qui les met en face de professionnels du bois avertis qui ont une grande habitude de l’estimation de la valeur des bois.

Tout sylviculteur doit donc avoir un minimum de connaissance avant de se lancer dans une transaction afin de pouvoir négocier avec un acheteur et notamment sur :

Dans tous les cas, l’acte de vente devra être finalisé par un contrat de vente écrit entre le vendeur et l’acheteur.

Les unités de volume utilisées

En ce qui concerne le bois d’œuvre, la seule unité de volume légale lors de transactions est le mètre cube réel qui représente un cube de bois plein d’un mètre de côté.

Pour les petits bois, on utilise généralement le stère : empilage cubique d’un mètre de côté de rondins d’un mètre de long. Le volume réel d’un stère varie généralement entre 0,55 m³ et 0,65 m³ selon l’essence, la rectitude, la longueur des billons, le fait qu’ils soient refendus ou non, etc … Le mètre cube apparent de bois (MAB) est aussi un volume apparent de bois empilés, mais les longueurs des billons ne sont pas nécessairement d’un mètre (0,33 m, 0,50 m, 1 m , 2 m...).

1m³ de bois plein (bois d’oeuvre)
1m³ de bois plein (bois d’oeuvre)

1 stère = 0,60 m³ de bois et 0,40 m³ de vide
1 stère = 0,60 m³ de bois et 0,40 m³ de vide

Voir la brochure...

La « corde » unité locale, n’est pas admise légalement car sa valeur (3 stères, mais parfois 2 ou 4) varie selon les régions.

Le cubage d’un arbre abattu

Les branches du houppier des arbres sont généralement destinées au feu (cas du chêne) et ne font pas partie du cubage de la grume, ces branches feront l’objet d’un cubage à part en stères.

La circonférence se mesure avec un compas forestier et encore mieux avec un mètre ruban En ce qui concerne la grume destinée au bois d’œuvre, celle-ci est mesurée en mètres cubes réels de la façon suivante :

    • on mesure la longueur de la grume jusqu’à la découpe choisie en mètres, appelons la L (en mètres) ;
    • on mesure de la circonférence de la grume (en mètre aussi) à la moitié de cette longueur, appelons la C (en mètres) ;
    • on calcule ensuite le volume commercial de cette grume avec la formule suivante :

Formule de cubage d'un arbre abattu

Si L et C ont bien été mesurées en mètre, nous obtiendrons V en mètres cubes réels sur écorce.

Cette formule revient à assimiler le volume de l’arbre à celui d’un cylindre qui aurait pour base sa section médiane (surface du cercle) et pour hauteur la longueur de la grume.

Remarques :

Il existe des barèmes de cubage (sous forme de tableaux) donnant le volume des grumes en fonction de leur longueur et de leur circonférence médiane (les calculs sont déjà faits).

La grume peut être divisée en plusieurs billons cubés séparément par cette même formule. On fait ainsi en cas de purge à éliminer, ou de forme anormale de l’arbre ; il s’agit du cubage par « billons successifs », que l’on utilise couramment quand plusieurs qualités de bois sont présentes dans la grume.

Un exemple :

Une grume de peuplier abattue mesure 10 mètres jusqu’à la découpe 60 cm fin bout et 110 cm de circonférence au milieu, son volume est :

Schéma indiquant les mesures à prendre pour cuber un arbre abattu

Voir l’article "Il est simple de cuber un arbre abattu"

Le cubage des arbres sur pied

Beaucoup plus délicat même si à la base la formule utilisée est la même que pour les grumes abattues. En effet il faut estimer d’une part la longueur de la grume (= hauteur à la découpe) et d’autre part sa circonférence à mi-hauteur.

La hauteur découpe peut être estimée simplement par une méthode visuelle avec un outil rudimentaire constitué de deux petits morceaux de bois d’égales longueurs appelé « Croix du bûcheron ».

La circonférence médiane doit être mesurée avec des dendromètres coûteux ou estimée de façon empirique grâce à une bonne connaissance de la diminution de la circonférence en fonction de la hauteur (valeur appelée « décroissance métrique moyenne » qui dépend de l’essence et du type de boisement).

Des tarifs de cubage peuvent également ici dispenser du calcul final pour avoir l’estimation du volume de la grume sur pied, mais il faut généralement connaître deux entrées : la hauteur de la découpe et la circonférence à hauteur d’homme. En général, l’estimation des volumes sur pied est réalisée par des professionnels, négociants en bois, experts, conseillers forestiers, …

Un dendromètre peu onéreux et facile à réaliser en forêt : la croix du bûcheron

Deux bâtons de longueur identique suffisent pour créer une "croix du bûcheron"

On se positionne à bonne distance de façon à ce que le morceau de bois vertical se superpose avec le tronc à mesurer. Il reste à mesurer L, la distance entre ses pieds et la base de l’arbre qui est égale à la hauteur à la découpe H, soit la longueur de la grume à cuber.

Voir l’article "Le cubage sur pied n’est qu’une estimation"

La qualité des bois

Beaucoup plus délicat que l’estimation du volume, le classement en différentes qualités requiert une expérience et une connaissance des différents débouchés du bois pour chaque essence.

De plus, sur un même arbre, à différents niveaux, existent plusieurs catégories de produits. Les critères de qualité reposent à la fois sur les dimensions, et la présence (ou l’absence) de défauts visibles sur pied.

Le classement en différentes qualités est fondamental pour déterminer le prix d’une coupe. Pour le chêne par exemple, le prix unitaire du mètre cube sur pied peut varier de 1 à 10 entre la qualité « charpente » et la qualité « merrain » pour réaliser des barriques.

Exemple du chêne

Singularités
admises

Bille cylindrique, sans nœud
1 picot admis si c’est le seul défaut
Fil droit


Nœuds sains, Ø < 4 cm
1 nœud pourri admis si Ø < 1,5 cm
Quelques picots
Fil légèrement tors


Nœuds sains
Quelques petits nœuds pourris
Picots, broussins
Fil tors


Nœuds apparents abondants
Picots, broussins
Coloration, fentes, entre-écorce
Fil tors

Bille de pied qualité tranchage - ébénisterie 1ère surbille qualité menuiserie Surbille qualité charpente Surbille qualité traverse ou palette
Qualités Tranchage « --- » Ebénisterie
si accroissement fins et réguliers
couleur homogène claire
« -------Menuiserie-------- » « -------Charpente------- » « --------Palette (traverse)------- »
Absence de défaut ; Utilisation : placage, merrain Petits nœuds sains admis. Utilisation : huisserie, parquet et autres menuiseries intérieures Nœuds sains ou petits nœud noirs, fil tors. Utilisation : construction (poteaux, poutres, ...) Nombreux défauts admis en dehors des pourritures. Utilisation : palettes de manutention, coffrage
Utilisation Placage, ameublement, merrain Huisserie, parquet Construction Palettes de manutention,
coffrage pour le bâtiment
Longueur mini. 2,50 m « -------- » 2 m 2 m 2,50 m 2m (2,60 m pour la traverse)
Diamètre mini. 40 cm 35 cm 30 cm Sans limite

Autres singularités qui peuvent influencer sur le prix :

  • Courbure du tronc : anomalie de croissance dont on atténue parfois les conséquences en découpant le tronc en billons.
  • Loupe : excroissance du tronc dont le bois est formé d’élèments enchevétrés. Elle est très recherchée par les ébénistes.
  • Graisse : renflement régulier de la partie inférieure du tronc. Elle résulte du recouvrement d’une liane par le masse du bois.
  • Blessure ou frotture : dommages causés par le gibier, l’activité humaine ou des accidents météorologiques. Un bourrelet de cicatrisation recouvre la plaie.
  • Gourmand : pousse issue d’un bourgeon latent et apparaissant sur le tronc. Un amas de gourmands peut donner des broussins ou des brognes.
  • Pourriture : résultat de l’attaque du bois par des champignons.
  • Gélivure : fente provoquée par le gel. Elle affecte le bois et l’écorce et entraîne des fentes internes.
  • Coup de foudre : fente due à la foudre. Elle part de la cime de l’arbre et descend jusqu’au sol.

Les cours du bois

Les bords d'une allée stabilisée constituent des aires de stockage accessibles aux grumiers Les paramètres à prendre en compte sont :

  • la taille de la coupe : les très petites coupes se vendent plus mal (peu d’appel à la concurrence, abattage mécanisé souvent impossible) ;
  • l’accessibilité de la parcelle et les facilités de débardage ;
  • la présence ou non d’une aire de stockage des bois débardés ;
  • les exigences de paiement du vendeur (comptant ou échelonné) ;
  • les clauses particulières liées à l’exploitation (délais, travaux de remise en état de la parcelle et des chemins, respect de certains arbres, etc…)



Tableau indicatif des prix pour le 1er trimestre 2017

ESSENCE QUALITÉ PRIX HT SUR PIED TENDANCE
/ Papeterie 1,5 à 6 euros / stère Baisse
/ Bois de chauffage 6 à 14 euros / stère Baisse
Châtaignier Piquet 7 à 12 euros / stère Stable
Châtaignier Parquet (diamètre > 15) 6 à 10 euros / stère Stable
Châtaignier Billons sciage (diamètre > 22) 10 à 45 euros / stère Stable
Chêne Traverse 20 à 50 euros / m3 Hausse
Chêne Charpente 60 à 100 euros / m3 Hausse
Chêne Menuiserie 100 à 200 euros / m3 Hausse
Chêne Ébénisterie - Merrain 200 à 350 euros / m3 Hausse
Peuplier Élagué 35 à 42 euros / m3 Stable
Peuplier Non élagué 12 à 18 euros / m3 Stable
Pin maritime 0,5 à 1 m3 10 à 25 euros / m3 Baisse
Pin maritime + de 1 m3 25 à 32 euros / m3 Baisse
Pin laricio 0,5 à 1 m3 22 à 35 euros / m3 Stable
Pin laricio + de 1 m3 35 à 55 euros / m3 Stable
Douglas 0,5 à 1 m3 22 à 45 euros / m3 Stable
Douglas + de 1 m3 45 à 65 euros / m3 Stable
Attention Les prix indiqués dans ce tableau sont donnés à titre indicatif. Il s’agit de fourchettes moyennes données par des professionnels. L’interprétation des chiffres doit rester prudente car le prix varie en fonction de nombreux paramètres (volume du lot, accessibilité…).

Les types de vente

La présentation du lot de bois et le mode de vente auront aussi une influence sur le montant de la transaction.

Bois sur pied

  • Vente en bloc : le propriétaire céde le bois présent sur une surface (parcelle forestière ou cadastrale), mais n’assure ni la quantité, ni la qualité du lot. De plus, il transfère l’ensemble des risques liès aux défauts non visibles sur les arbres (pourriture, coloration, noeuds, ...) ou à l’exploitation (éclatement du tronc à l’abattage) à l’acquèreur. Ce dernier propose un prix global pour le lot et une fois la vente conclue, organise l’exploitation et le débardage des bois.
  • Vente à l’unité de produit : Elle est basée sur une entente préalable du vendeur et de l’acquéreur sur le prix au m³ des différentes catégories de produit à façonner. Le cubage se fait par catégorie après leur exploitation réalisée par l’acquéreur et en présence du propriétaire. Cette technique demande de la disponibilité et un minimum de surveillance de la part du vendeur qui doit vérifier le respect des arbres restant sur pied, la qualité du débardage, le respect des chemins, et vérifier de façon contradictoire les quantités exploitées...).

Bois abattu et mis bord de route

Ce mode de vente nécessite un suivi et de bonnes connaissances techniques de la part du propriétaire pour définir et trier les différentes qualités qui permettront de valoriser ses bois. Il prend alors en charge l’exploitation et le débardage ainsi que les risques qui leurs sont liés. L’acheteur est à même de juger les qualités de bois et de mesurer les volumes concernés par les différentes catégories.

En cas de mévente, les bois abattus risquent de s’abîmer, ce qui limite souvent la marge de négociation du propriétaire.

Les cahiers de vente des professionels permettent de faire jouer la concurrence

Quant au mode opératoire,

la règle est de toujours faire jouer la concurrence et de solliciter les offres de plusieurs acheteurs en vue de contractualiser la vente. A défaut d’organiser lui même sa vente par manque de disponibilité ou de connaissances, le propriétaire peut faire appel à un tiers (coopérative forestière ou expert) qui moyennant le paiement d’une commission calculée sur la valeur de vente, se chargera d’assurer toutes les démarches, soit dans le cadre d’un appel d’offre restreint, soit dans le cadre d’une vente groupée.

Voir l’article "Bien choisir sa méthode de vente de bois"

les contrats de vente

Cette étape de la vente est indispensable et un contrat de vente écrit permet d’éviter les contentieux. En cas de litige, il servira de référence, la parole de l’exploitant pèsant autant que celle du vendeur en son absence.

L'indemnisation des arbres abimés et la remise en état des chemins détériorés doivent être prévus dans un contrat de vente De plus le propriétaire forestier est toujours l’employeur présumé des personnes travaillant sur sa propriété. Il est tenu responsable en cas d’accident, sauf s’il a signé un contrat de vente de bois sur pied transférant ainsi sa responsabilité à l’acquéreur. Cette situation étant valable pour toutes les cessions de bois d’œuvre ou de chauffage sur pied.

La vente doit être suivie de près car le rôle du vendeur ne doit pas s’arrêter à la signature du contrat. Il s’assurera que les termes sont bien respectés notamment pour les arbres devant rester sur pied, l’état des chemins, les délais d’exploitation, ...

Ce suivi demande de la disponibilité, de la vigilance et nécessite des compètences que les professionels , experts et coopératives forestières, peuvent fournir moyennant rémunération à leurs clients.

Voir un contrat de vente de bois sur pied, pourquoi faire ? sur le site de la forêt privée


Documents joints à cette rubrique :
VENTE GROUPEE DU 17/11/2016