- Bombyx disparate : plus de peur que de mal -

Malgré ses longs poils, cette chenille n’est pas urticante. Source : DSF nord-ouest.
Malgré ses longs poils, cette chenille n’est pas urticante. Source : DSF nord-ouest.

Le Bombyx disparate est un papillon dont la chenille peut provoquer des dégâts importants dans les peuplements feuillus. Ce ravageur engendre périodiquement des défoliations spectaculaires mais sans réel dommage pour les peuplements adultes.

A la fin de l’été, les femelles pondent plusieurs centaines d’œufs. Généralement déposée sur le tronc, la ponte se présente sous la forme d’un amas jaunâtre de quelques centimètres. Les œufs éclosent au début du printemps, lorsque les chênes débourrent. A ce stade, les chenilles mesurent environ 3mm et sont déjà très velues. Le vent peut alors les disséminer sur plusieurs dizaines de kilomètres. Après deux à trois mois, elles atteignent 5 à 7 cm de long ; c’est la fin du développement larvaire. Elles se transforment alors en chrysalides avant de donner de nouveaux papillons au début de l’été.

Durant leur croissance, les chenilles se nourrissent de feuilles et de boutons floraux. Très voraces, elles gâchent les limbes plus qu’elles ne les consomment en laissant beaucoup de débris au sol. Le chêne est de loin l’essence qu’elles préfèrent. Cependant, en cas de prolifération, elles dévorent aussi bien les autres feuillus que la végétation arbustive ou herbacée et même les résineux. En 2007, les massifs boisés voisins de Chauvigny dans la Vienne ont subi une défoliation quasi-totale. Dans l’Est de l’Europe, des dizaines de milliers d’hectares ont ainsi été ravagés.

Bien que spectaculaire, la défoliation n’entraine pas la mort directe de l’arbre. Source : DSF nord-ouest
Bien que spectaculaire, la défoliation n’entraine pas la mort directe de l’arbre. Source : DSF nord-ouest

Les populations de Bombyx disparate varient de manière cyclique. Des pics se répètent tous les 6 à 12 ans mais durent rarement plus de 2 années. Les pontes observées fin 2008 aux confins des Charentes et des Deux-Sèvres laissent présager une recrudescence du nombre de chenilles défoliatrices. Toutefois, le développement des prédateurs et des parasites devrait naturellement ramener les populations à un seuil normal d’ici 1 à 2 ans.

Les dégâts, quoique spectaculaires, mettent rarement en danger les peuplements adultes bien en station. Il est donc fortement déconseillé de traiter sauf cas exceptionnel, pour sauver de très jeunes plants et semis.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Marc MOUNIER
CRPF
4ème trimestre 2009 68 Environnement
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