- Courte et rentable, la sylviculture de l’acacia ne manque pas de piquants -

Le Robinier, communément appelé acacia, est une essence à croissance rapide qui se vend aujourd’hui jusqu’à 200 F le stère sur pied de particulier à particulier.

Même s’il n’est pas encore reconnu comme essence de reboisement subventionnable par l’Etat, cet arbre peut avantageusement être installé sur certaines terres abandonnées par l’agriculture. Très frugal, cet arbre prospère sur tous types de terrains, exceptés les sols compacts et mouilleux. Il a une préférence pour les terrains légers, sableux, même pauvres.

Un taillis de robinier rejette et drageonne abondamment après coupe. Sa régénération envahissante peut même gêner les propriétaires voisins de tels peuplements. Par contre, l’installation d’un peuplement d’acacia présente des risques que tout candidat au boisement doit connaître. Deux solutions sont possibles : la plantation ou le semis.

La réalisation d’une plantation ne présente pas de difficulté majeure : les plants sont bon marché et la reprise de l’acacia est généralement bonne. En revanche, l’absence de sélection génétique des plants commercialisés et la faible densité des plantations par rapport à un semis, donnent souvent des peuplements de mauvaise qualité en première génération. Les arbres ont un port étalé avec de nombreuses fourches qui les rendent peu aptes à produire autre chose que du bois de feu. Il est possible d’améliorer, après trois ou quatre ans, ce défaut des plantations soit en pratiquant un recépage total de la parcelle, soit en écrasant le boisement au rouleau landais dans les sols sableux. Cette opération favorise la multiplication des rejets et drageons l’année suivante et cette augmentation de la densité des tiges améliore sensiblement leur forme.

Le semis est assez facile à réaliser du point de vue pratique. Il faut préalablement préparer les graines à la germination. Cette opération, la "scarification", consiste à altérer le tégument enveloppant la graine d’acacia. Les trois méthodes utilisables, ébouillantage, trempage dans l’acide sulfurique ou passage dans une bétonnière tapissée de papier de verre donnent de bons résultats de germination. Le semis peut être réalisé à la main, ou mécanisé à l’aide d’un semoir classique à céréales. Le faible coût de la graine associé à la mécanisation font qu’un semis de robinier à 10 kg/ha est assez bon marché : autour de 2000 F/ha. Le gros problème du semis est la concurrence de l’herbe la première année. Souvent, un tapis de graminées étouffe les nombreux semis qui peuvent être anéantis en deux ou trois mois. Le CRPF a testé de nombreux désherbants depuis plusieurs années, mais aucun n’a donné entière satisfaction. L’acacia se montre très sensible à tous les produits chimiques et une molécule qui paraît dans un cas efficace peut avoir des conséquences catastrophiques l’année suivante sur un autre type de terrain ou avec des conditions météorologiques différentes. Il est difficile aujourd’hui de conseiller une technique de semis fiable à 100 %, hors celle du binage manuel des plants, difficilement envisageable sur de grandes surfaces.

En plus des piquets, les hongrois font de magnifiques parquets avec ce bois très dur.
En plus des piquets, les hongrois font de magnifiques parquets avec ce bois très dur.

Mais, les semis, quand ils sont réussis, fournissent indiscutablement les meilleurs peuplements. Ceux-ci peuvent atteindre 6 mètres de haut dès la quatrième année entraînant une fermeture du couvert.

Originaire d’Amérique du Nord, largement introduit partout dans le monde, le robinier fournit un magnifique bois de travail. Première essence de sciage dans un pays tel que la Hongrie, il reste cantonné en France au débouché piquet par absence d’autres marchés. La ressource nationale ne peut malgré tout fournir entièrement le vignoble français, qui importe actuellement des piquets de l’Est de l’Europe.

Même pour faire des piquets au bout d’une vingtaine d’années, la valeur du robinier peut atteindre celle de certains bois d’œuvre, mais avec une croissance rapide et une sylviculture sommaire. Bien adapté à la forêt privée par son cycle court de production, il ne mérite pas la relative indifférence que les forestiers lui témoignent encore aujourd’hui.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Marc DEMENE
CRPF
3ème trimestre 2001 35 Technique
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