- Départ de Mathieu Formery après plus d’un quart de siècle à la tête du CRPF -

Mathieu FORMERY

Mathieu Formery a rejoint le CRPF Poitou-Charentes en 1988 après avoir débuté sa carrière au CRPF Île de France-Centre. Il part à la retraite après 30 ans passés aux fonctions de direction.

Bois et Forêts : Quel souvenir garderez-vous de votre expérience en CRPF ?

Mathieu Formery : Spontanément, je répondrai : l’idée-même de Centre Régional de la Propriété Forestière, défendue il y a 50 ans par Edgard Pisani, toujours d’actualité, malgré la recentralisation résultant de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP). Établissement Public à taille humaine, marqué par sa grande souplesse, le CRPF tient un rôle central au sein de la filière forêt bois. Déchargé de toute mission entrant dans le champ concurrentiel, il y gagne celle, inappréciable, d’être le garant de l’intérêt général au service de chaque propriétaire forestier, et de la forêt privée toute entière.

Les partenariats forts, bâtis tous azimuts, avec les collectivités territoriales, les associations de protection de la nature, le Conservatoire Régional d’Espaces Naturels, l’aval de la filière, … en découlent naturellement, ancrant peu à peu une image autre de la forêt privée, plus ouverte et plus riche. Je voudrais aussi dire que rien n’aurait été possible sans la confiance gagnée avec le conseil du Centre et en particulier avec les président(e)s successifs, rien non plus bien sûr sans la qualité de l’équipe en place à qui j’adresse toute ma gratitude. Je laisse beaucoup d’amis.

B. & F. : Durant ces 30 dernières années, comment avez-vous vu évoluer la forêt picto-charentaise ?

M. F. : Il y a eu un avant et un après décembre 1999, avec la tempête du siècle, ironiquement survenue la veille de la disparition de cet outil irremplacé qu’a été le Fonds Forestier National. L’aide massive apportée par l’État et les collectivités territoriales a pour un temps fait sortir la forêt, singulièrement la forêt privée, de l’anonymat dans cette région, l’une des plus sinistrées de France. Mais la forêt a besoin d’une aide régulière, tenace et dans la durée pour améliorer les peuplements, équiper les massifs, favoriser les partenariats avec l’industrie régionale et force est de constater que le compte n’y est pas.

La notion du temps nécessaire à la croissance de la forêt pose problème aujourd’hui plus que jamais : les besoins croissants en bois énergie apportant l’illusion d’une recette à court terme font craindre pour la pérennité de la gestion et de la ressource tout court. Le déséquilibre sylvo-cynégétique lui aussi peut être vécu comme une menace si la forêt loisir génère plus de profit que la forêt source de bois. A quoi bon alors reboiser, régénérer les peuplements et à quel prix !

B. & F. : Quels sont pour vous les enjeux de la forêt régionale pour les années à venir ?

M. F. : L’un des enjeux auquel je me suis passionnément attaché a sûrement été celui de réconcilier environnement et sylviculture, par les échanges, le dialogue, les tournées sur le terrain. Qu’à la passion des propriétaires pour leur forêt, réponde en écho la passion des naturalistes, pour un bien partagé au service de tous. Le renouvellement des peuplements forestiers dans un contexte difficile mais exaltant du fait des désordres climatiques me semble bien sûr être le principal défi à relever par les forestiers. Le CRPF a un rôle à y jouer, en attestent les travaux en cours sur le chêne pubescent.

Arnaud GUYON

Arnaud GUYON, directeur-adjoint depuis plus de 10 ans, assurera désormais les fonctions de directeur du CRPF.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
3ème trimestre 2014 87 L’Interview
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