- Dépérissement des taillis : la place du châtaignier va diminuer -

Les premiers dépérissements de taillis de châtaigniers ont été observés dans notre région à partir des années 1980. Caractérisé par des mortalités de houppiers et par d’importantes descentes de cimes, ce phénomène était principalement dû aux attaques du chancre du châtaignier et marginalement à la maladie racinaire de l’encre. Actuellement, le chancre du châtaignier est en régression. Malgré cela, depuis sept à huit ans, la mortalité des taillis a fortement progressé, principalement dans le sud de notre région.

Les dépérissements sont très souvent l’aboutissement de phénomènes complexes à causes multiples. Le principal facteur prédisposant est l’inadaptation de l’essence à la station. Introduits chez nous pour leurs fruits et la production de piquets, les châtaigniers ont été plantés sur des terrains qui ne leur conviennent pas forcément. Ainsi, leur développement s’avère médiocre sur des sols très acides, sableux ou chargés en éléments grossiers. Dès qu’interviennent des facteurs déclenchants telles que les sécheresses ou les canicules comme en 2003 et 2005, ces peuplements, déjà fragilisés, dépérissent sur de grandes surfaces.

Le bois énergie est actuellement le seul débouché pour ces taillis secs.
Le bois énergie est actuellement le seul débouché pour ces taillis secs.

La sylviculture joue également un rôle important dans l’état sanitaire des châtaigniers. Traditionnellement, l’exploitation des taillis était réalisée entre 20 et 25 ans. Aujourd’hui, les coupes sont souvent effectuées vers 35 ans ou plus. On observe alors des peuplements denses avec des arbres à houppier étriqué, insuffisant pour leur bon développement. De plus, le traitement en taillis entraîne un vieillissement de l’ensouchement et donc une perte de vigueur. Sur les stations favorables, une régénération naturelle par châtaignes est envisageable. Dans les autres cas, sur sol acide et sableux avec une faible réserve en eau, la substitution d’essence est indispensable.

Dans le département de la Dordogne, près de 60 000 ha de taillis de châtaigniers sont jugés sous-productifs. Parmi ceux-ci, une part importante est constituée de peuplements dégradés avec un fort taux de tiges sèches. La valeur des bois étant très faible, l’exploitation est souvent déficitaire. Dans le cadre du plan climat Aquitain, le Conseil Régional d’Aquitaine et le Conseil Général de la Dordogne subventionnent depuis 2007 l’exploitation et la transformation de ces châtaigniers dépérissants. Concernant l’exploitation de ces taillis, l’aide est de 600 €/ha. Pour la substitution d’essence, la subvention est de 50 % d’un barème forfaitaire. D’autres financements existent pour les enrichissements et les régénérations naturelles.

Cette opération a fait tache d’huile, puisque le Lot et Garonne et dernièrement le Limousin ont engagé cette démarche. Pourquoi pas en Poitou-Charentes ?

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel MOUNIER
AMVF
3ème trimestre 2013 83 Essences
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