- Des prescriptions sylvicoles pour le site pilote Natura 2000 du "Val de Charente et Seugnes" -

Le secteur Val de Charente et Seugnes situé au sud de Saintes, en Charente-Maritime, est très riche sur le plan environnemental : prairies naturelles, roselières, frênaies, coteaux calcaires, milieux aquatiques. Il renferme douze espèces animales, telle la loutre, dont la conservation est prioritaire au niveau européen. Il a fait l’objet d’une opération locale agri-environnementale, permettant aux agriculteurs volontaires de bénéficier de compensations financières pour l’application de règles de gestion plus respectueuses de l’environnement. Par exemple, pour préserver les couvées du râle des genêts, une prime de 228 €/ha est versée si la prairie est fauchée après le 30 juin. En conséquence, ce site a été intégré au réseau Natura 2000 et a fait l’objet d’un document de gestion, appelé document d’objectifs. Celui-ci, validé en juin 1998, aboutit en matière forestière à la définition des actions suivantes :

  • Harmonisation des politiques forestières ;
  • Planification concertée des travaux de boisement ;
  • Etude de la diversification des productions forestières alternatives au peuplier : frênes, aulne ;
  • Analyse et cartographie des potentialités des stations forestières ;
  • Définition de règles de gestion sylvicoles prenant en compte l’environnement ;
  • Regroupement des propriétaires pour la gestion de la frênaie alluviale.
La populiculture est compatible avec la richesse biologique
La populiculture est compatible avec la richesse biologique

L’étude encourage la sylviculture des frênes (commun et oxyphylle), ainsi que de l’aulne glutineux, utilisables sur certaines zones du site. Grâce au financement du Fonds de Gestion des Milieux Naturels, le CRPF et l’Association de Développement du Peuplier ont réalisé en 2001 la cartographie des stations forestières. Le but était de mieux connaître les peuplements forestiers et les potentialités des sols vis à vis de la populiculture. Il en ressort que :

  • 660 ha sont particulièrement propices au peuplier. Sa production ne nécessite pas de travail du sol. Il peut donc y être pratiqué une populiculture encore plus respectueuse de l’environnement ;
  • 1 000 ha sont de qualité moyenne. La culture du peuplier doit être accompagnée des travaux du sol nécessaires ;
  • 740 ha sont, pour diverses raisons, inaptes au peuplier.

Considérant que 20 % des 600 ha de peupleraies déjà installées sont en station inapte, l’extension de cette essence pourrait concerner entre 180 et 640 ha, selon que l’on se cantonne aux seules zones très favorables, ou que l’on prospecte en partie les stations de qualité intermédiaire.

En confrontant ce travail avec la cartographie détaillée des richesses biologiques, réalisée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux, il sera alors possible de cerner les zones où aucun conflit d’intérêt n’apparaît. Par contre, il faudra discuter de celles pour lesquelles un choix sera à faire. L’extension de la peupleraie ne pouvant se réaliser sans toucher, en partie du moins, aux milieux fragiles (prairies, frênaies).

Restent à finaliser les prescriptions de gestion pour ce site. Il conviendra d’imaginer ce que pourraient y réaliser les propriétaires forestiers concernés et comment ils seraient indemnisés des contraintes qu’ils accepteraient, par le biais de conventions « sylvo-environnementales ».

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bruno Jarny
CRPF
1er trimestre 2003 41 Environnement
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