- Eau et peuplier : encore de nombreuses interrogations -

Un paysage typique de nos vallées.
Un paysage typique de nos vallées.
Le bulletin « Bois et Forêt » poursuit ici le bilan des connaissances entre le peuplier et l’environnement avec les questions ayant trait à l’eau.

L’eau devient une préoccupation grandissante dans notre société, tant au niveau de sa quantité que de sa qualité. Le peuplier étant naturellement associé à notre système hydraulique et aux zones alluviales, on comprend mieux pourquoi cette essence fait régulièrement l’objet de controverses.

Concernant la consommation en eau des différents peupliers, aucune étude fiable et rigoureuse n’a pu précisément la quantifier. Il est en effet extrêmement délicat d’établir un bilan hydrique global d’un écosystème. En tout état de cause, si le peuplier adulte consomme une quantité assez importante d’eau, c’est au même titre que toute végétation spécifiquement adaptée aux milieux humides : prairies, boisements naturels, ripisylves…

Il est donc infondé de penser que le peuplier soit responsable de l’abaissement des nappes phréatiques. Le plus souvent, le peuplier en est la victime, ce qui se traduit par une chute de la croissance des arbres, voire leur mortalité.

Il est aussi reproché au peuplier de polluer les cours d’eau par la décomposition de ses feuilles. Si l’effet désoxygénant de cette dégradation a été vérifié expérimentalement en milieu aquatique clos sur du peuplier noir, la même expérience a montré que d’autres essences, tels le frêne et le saule, sont également incriminées dans les même proportions. En revanche, aucune étude n’a pu quantifier ce processus en milieu naturel toujours pour des raisons de complexité des écosystèmes liés à l’eau.

Par ailleurs, le peuplier possède une importante capacité de filtration à l’égard des nitrates et phosphates. Ainsi, son système racinaire favorise le développement de bactéries dénitrifiantes. Une peupleraie aurait un pouvoir d’épuration inférieur à celui d’une ripisylve, mais nettement supérieur à celui d’une prairie. Là encore des études complémentaires sont nécessaires pour préciser toutes ces données.

Dans l’attente de données fiables, toute généralisation abusive a pour seul effet d’alimenter un débat stérile.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain Rousset
CRPF
4ème trimestre 2003 44 Essences
Dans la même rubrique
  1. les sols des vallées de Poitou-Charentes permettent de diversifier les essences
  2. Le noyer : arbre précieux, soins précis
  3. Les peupliers consomment moins d’eau qu’on ne le dit
  4. L’élagage du Pin maritime à trois mètres reste nécessaire
  5. Identifier correctement un peuplier renseigne sur sa généalogie
  6. Les peupleraies sont menacées par le puceron lanigère
  7. Blanc du Poitou, I.45-51 et Dorskamp : du moins performant au plus poussant
  8. De nouveaux peupliers à expérimenter
  9. La valeur du bois de peuplier diminue depuis un quart de siècle
  10. Lente reconstitution de la ressource en peuplier
  11. Le I.45.51 peut doubler le Dorskamp
  12. Eau et peuplier : encore de nombreuses interrogations
  13. Les arbustes forestiers – 1ère partie
  14. Peuplier, biodiversité et paysage : des sujets complexes à approfondir
  15. Une activité économique majeure avec une faible surface en peupleraie
  16. Le Frêne commun : une essence précieuse à développer
  17. Le Cèdre de l’Atlas : un géant des parcs qui a tout d’un forestier
  18. Les onze clones subventionnables pour les peupleraies de la région
  19. Nettoyage des peupleraies sinistrées : de lourds travaux sur des terrains fragiles
  20. Les arbustes forestiers (2ème partie)
  21. Maintenir le mélange peuplier –taillis de frêne est possible sous conditions
  22. Le peuplier, une histoire d’eau
  23. Le temps travaille pour le Blanc du Poitou
  24. Le rôle protecteur des essences d’accompagnement
  25. Travail du sol : tout bénéfice pour I214 et Dorskamp
  26. L’Alcinde en tête dans les sols limoneux
  27. Terrains à nappe profonde : penser aux clones interaméricains
  28. Peuplier - Bois élagué : jusqu’à 3000 F/m3
  29. Expérimentation : Dorskamp en tête dans les sols tourbeux
  30. Robinier : l’offre de bois d’œuvre ne suit pas la demande
  31. Erables : le sycomore en tête pour les usages nobles
  32. Le ’Blanc du Poitou’ est une valeur sûre
  33. Le Douglas perd du terrain
  34. Les chênes à feuilles persistantes sont adaptés à la sécheresse
  35. L’évolution du climat entraînera un déplacement des essences forestières
  36. La plantation est l’unique solution pour renouveler les peupleraies
  37. Le tulipier de Virginie : une essence ornementale au bois de qualité
  38. La régénération du châtaignier par semis pour produire des gros bois
  39. Le chêne pubescent vaut le chêne pédonculé
  40. Le Charme est l’ami du Chêne
  41. Le changement climatique ouvre une porte aux sapins méditerranéens
  42. Menace sanitaire sur le frêne
  43. Le bouleau est un colonisateur utile
  44. Dépérissement des taillis : la place du châtaignier va diminuer
  45. Dégâts de gibier : la menace plane pendant vingt ans
  46. Une pénurie annoncée en bois de Pin maritime
  47. Charpente ou menuiserie en Pin Laricio : l’élagage fera la différence
  48. LE DOUGLAS : malgré ses qualités une place limitée en Poitou-Charentes
  49. Les aulnes aussi peuvent produire du bois d’œuvre
  50. De nouvelles aides pour planter du peuplier
  51. Le Platane : des problèmes sanitaires qui limitent son utilisation forestière
  52. Maladies, sols et climat, responsables des dépérissements du châtaignier en Charente
  53. Le tremble, un peuplier forestier colonisateur
  54. Le charme, compagnon utile du chêne
  55. Des feuillus encore précieux pour la sylviculture, moins par leur prix
  56. Le peuplier n’est pas la seule essence présente dans les vallées
  57. Le Chêne vert progresse avec le changement climatique
  58. Les essences locales sont déjà impactées par le changement climatique