- Erables : le sycomore en tête pour les usages nobles -

En France, il existe 6 espèces principales d’érables disséminées dans nos forêts. Toutes ne sont pas aptes à produire du bois de travail.

Dessin de Dominique Mansion, extrait de la Flore Forestière Française tome 1 "Plaines et collines" éditée par l’Institut pour le développement Forestier - 23, av. Bosquet - 7500 PARIS
Dessin de Dominique Mansion, extrait de la Flore Forestière Française tome 1 "Plaines et collines" éditée par l’Institut pour le développement Forestier - 23, av. Bosquet - 7500 PARIS

Les grands érables que sont les Erables sycomores et planes sont les plus à même de fournir du bois d’œuvre de qualité. Ces arbres de 20 à 30 mètres de hauteur préfèrent des sols frais, aérés, avec un pH proche de la neutralité. Une bonne hygrométrie leur est favorable. Ils sont sensibles aux gelées printanières. L’Erable plane est plutôt un arbre de basse montagne. L’Erable sycomore, mieux adapté à la région, est une essence pionnière colonisatrice, caractéristique renforcée par son aptitude juvénile à supporter l’ombrage. On peut ainsi le retrouver sur des sols impropres à son bon développement, au détriment d’essences à croissance juvénile moins rapide comme le chêne sessile. Sur bon terrain, on peut obtenir du bois de sycomore de bonne qualité entre 60 et 80 ans. Il faudra par contre le protéger du gibier et pratiquer des tailles et des élagages fréquents et réguliers. Le bois des grands érables est utilisé principalement en tranchage et ébénisterie. C’est également un bon bois de feu. Il est aussi apprécié pour la fabrication de violons et guitares. Les luthiers sont toujours à la recherche d’arbres dits « ondés ». Cette ondulation légère des fibres améliore la résonance des instruments de musique.

L’érable champêtre, plus petit, n’atteint que 12 à 15 mètres de hauteur à l’âge adulte. Très présent dans les haies, on le rencontre aussi dans les taillis des zones calcaires, souvent en mélange avec les chênes. Dans les meilleures stations comme les bas de versants, il réagit aussi bien aux éclaircies que les chênes. Son bois est d’ailleurs relativement proche de celui des sycomores et planes.

Les érables de Montpellier et à feuilles d’obier sont plutôt des petits arbres fréquents dans le sud-est de la France. On trouve cependant l’Erable de Montpellier sur les zones calcaires de la région, souvent en exposition sud en compagnie des chênes verts ou pubescents. Ces arbustes qui dépassent rarement 10 mètres de hauteur, et qui restent de petites dimensions, sont inadaptés au marché du bois d’œuvre, mais restent de bons combustibles.

L’Erable negundo est quant à lui originaire d’Amérique du Nord et a été introduit en Europe à la fin du XVIIe siècle. Cette espèce ornementale pouvant atteindre 15 à 20 mètres de hauteur a initialement été installée dans les parcs et jardins. Du fait de son caractère pionnier, elle a peu à peu colonisé les bords de rivières, jusqu’à être considérée aujourd’hui comme espèce invasive. On peut assister alors à une réduction importante de la biodiversité locale. C’est d’ailleurs le cas ponctuellement dans le Marais Poitevin, où l’Erable negundo s’installe progressivement au détriment de l’aulne.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Eric Sinou
CRPF
1er trimestre 2009 65 Essences
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