- Interview de Roland de Lary, futur directeur du CRPF Nouvelle-Aquitaine -

Roland de Lary a été directeur adjoint au CRPF Poitou-Charentes de 1992 à 1998
Roland de Lary a été directeur adjoint au CRPF Poitou-Charentes de 1992 à 1998

Bois et Forêts : Monsieur de Lary, pouvez-vous nous rappeler votre parcours et vos attaches avec Poitou-Charentes ?

Roland de LARY  : Mon épouse étant fille d’agriculteur des Deux-Sèvres, j’aime revenir régulièrement sur les terres familiales. J’en profite d’ailleurs pour élaguer quelques merisiers ou surveiller l’état sanitaire de nombreux frênes qui bordent le Pamproux. Après quelques temps passés au Gabon pour une société de négoce de bois, j’ai vécu six belles années au CRPF de Poitou-Charentes comme ingénieur puis directeur adjoint. Nous développions alors les plantations de feuillus précieux car les cours étaient bons et les conditions naturelles de la région s’y prêtaient. J’ai pris ensuite la direction de la coopérative forestière du Tarn, puis deux ans plus tard celle des 4 agences Périgord, Limousin, Poitou et Charentes de la CAFSA. Je me souviens de l’élan avec lequel les propriétaires ont relevé la tête pour reboiser après la tempête de 1999. J’ai pris ensuite la direction technique de la chambre de commerce et d’industrie de la Dordogne tout en gardant un œil attentif sur la filière bois. Enfin c’est en novembre 2012 que j’ai accédé à la direction du CRPF d’Aquitaine.

B. & F. : Quel est votre regard sur les forêts de Nouvelle-Aquitaine ?

R. de LARY : Les douze départements présentent une complémentarité d’essences, de terroirs mais aussi d’usages du bois qui ne peut être que source de progrès et d’innovation. Il ne faut pas tomber dans certains clichés qui réduiraient l’Aquitaine à son seul caractère industriel, le Poitou à une gestion patrimoniale et conservatrice et le Limousin à ses seuls douglas. Que l’on songe au chêne, au châtaignier, au pin, au peuplier ou au douglas, nous avons la plus grande région forestière d’Europe et de loin le plus grand nombre de documents de gestion durable.

B. & F. : La fusion des trois CRPF va-t-elle se traduire par de grands bouleversements pour les propriétaires ?

R. de LARY : Non, le principe de base que je défendrai systématiquement est d’assurer une proximité avec le terrain. Lorsqu’une question nous est posée sur le besoin d’éclaircir une parcelle, sur le choix d’une essence de reboisement, sur la modification d’un plan de gestion ou encore la cause d’un dépérissement, ce n’est pas au téléphone depuis Bordeaux que les réponses vont arriver ! La richesse du CRPF, c’est son réseau de techniciens et d’ingénieurs présents sur toute la région et appuyés par un personnel administratif performant. Par contre nous pouvons nous enrichir en partageant nos expériences respectives : il y a du pin maritime en Aquitaine mais aussi dans les Charentes, des problématiques de résineux de montagne se croisent entre le Plateau de Millevaches et les Pyrénées, les sylvicultures du chêne ou du châtaignier sont à comparer à celles pratiquées depuis l’Adour jusqu’au Poitou en passant par le Périgord. Les populiculteurs du val de Garonne ont les mêmes intérêts que ceux du marais poitevin… Ces efforts de cohérence devront être soutenus par nos partenaires publics et pourront aider in fine le sylviculteur.

Enfin, je formule le vœu que le CRPF administré par un collège de propriétaires élus soit toujours reconnu comme le seul interlocuteur neutre et impartial au service de tous les propriétaires privés pour une forêt productive, intégrée à ses territoires.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
BOIS ET FORÊTS
CRPF
Année 2017 95 L’Interview
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