- L’ONF pratique la régénération naturelle partout où c’est possible -

Joël GARESTIER {JPG} Joël Garestier est directeur de l’agence régionale de l’Office National des Forêts (jusqu’au 14 juin 2011).

Bois et Forêts : Quelle part de renouvellement des peuplements s’effectue par régénération naturelle dans les forêts publiques de la région ?

J. Garestier : En Poitou-Charentes, toutes les essences sont concernées, à l’exception du Pin noir et du Pin laricio, dont aucun peuplement ne se prête à cette opération actuellement. Sont principalement concernés le Chêne sessile, puis le Pin maritime. Les essences d’accompagnement sont également régénérées naturellement. C’est le cas du hêtre, du charme, du merisier... pour les chênaies et du chêne vert et du châtaignier pour les pinèdes.

B. & F. : Quels sont les critères sylvicoles qui vous font opter pour une régénération naturelle en lieu et place d’une plantation ?

J. G. : La régénération naturelle est recherchée chaque fois qu’il y a adéquation entre l’essence constituant le peuplement principal et la station forestière. Il importe néanmoins que la densité des semenciers soit suffisante (50 tiges/ha environ pour le Chêne sessile) et qu’ils soient régulièrement répartis sur la parcelle. Si l’une des conditions n’est pas remplie, la régénération naturelle est alors "assistée" par un complément de plantation.

B. & F. : Les dégagements de semis constituent un poste de dépense important de la régénération naturelle. Comment faites vous pour diminuer ces coûts sans compromettre la qualité du futur peuplement ?

J. G. : Dans un premier temps, nous installons un réseau dense de cloisonnements sylvicoles (6 mètres d’axe en axe) que l’on crée dès que les semis atteignent 0,80 m à 1 m de hauteur. Ceci permet d’accéder aux plants à dégager de la végétation concurrente tout en diminuant la surface à travailler.

Ensuite, nous analysons la pertinence de chaque intervention. Nos itinéraires techniques et économiques indiquent qu’il ne faut prévoir que 4 à 6 passages en dégagements. Cela nous amène à n’intervenir que lorsque la végétation concurrente est réellement gênante pour la croissance de l’essence objectif ou quand il s’agit de préserver la diversité des essences présentes.

Enfin, nous n’intervenons plus dès lors que la régénération atteint 3 mètres, hauteur à partir de laquelle nous la considérons comme tirée d’affaire.

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Bois et forêts
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