- L’abattage du châtaignier se mécanise -

La mécanisation de l’exploitation n’est plus réservée aux seuls peuplements résineux. Cela est désormais devenu une réalité pour les taillis de châtaignier et déjà plusieurs exploitants locaux se sont équipés en matériel. Ce développement récent est en grande partie lié à la pénurie de bûcherons.

Dans les peuplements feuillus le matériel doit s’adapter à des tiges plus ou moins sinueuses, comportant éventuellement de grosses branches. En outre, les cépées de châtaignier pouvant comporter jusqu’à une douzaine de brins, le chauffeur éprouve des difficultés à positionner correctement la tête d’abattage.

L’Association pour la Promotion du Châtaignier à Bois a donc comparé plusieurs matériels sur différents critères : la hauteur d’abattage, l’efficacité d’ébranchage, la précision des longueurs de découpe, la qualité du tri du bois, la propreté du chantier et la rentabilité économique. Ces essais, réalisés au cours de l’année 2000, ont permis d’apporter une solution aux nombreux chantiers de bois chablis pour lesquels l’intervention manuelle présentait de gros risques en matière de sécurité.

Une bonne expérience du chauffeur est primordiale pour assurer un rendement correct tout en ménageant l’abatteuse.
Une bonne expérience du chauffeur est primordiale pour assurer un rendement correct tout en ménageant l’abatteuse.

Les résultats de ces expérimentations sont encourageants. Les rendements varient entre 60 et 80 stères/jour selon la grosseur du taillis, ce qui équivaut au travail de dix bûcherons dans les mêmes conditions. Cependant, il est apparu souhaitable d’associer un bûcheron à l’abatteuse pour faciliter l’intervention de la machine. Son travail consiste à éliminer les brins non marchands ou d’abattre l’ensemble des tiges de la cépée. C’est cette dernière méthode qui s’est révélée la plus propre et efficace, l’abatteuse n’ayant plus qu’à saisir les tiges à terre et les billonner. L’étalement des rémanents, sur les sols détrempés de ces derniers mois, a permis de laisser des chantiers propres, sans grosses ornières.

Les têtes d’abattage qui ont été testées se sont avérées fiables et résistantes malgré leur petite taille, nécessaire pour se positionner correctement à l’intérieur d’une cépée. Ces matériels n’ont cependant pas fonctionné très longtemps. On ne pourra donc juger de leur réelle solidité que dans la durée.

Les moyens de rendre l’intervention des machines encore plus performante passent inévitablement par l’évolution des pratiques au sein de la filière. En amont, par la réalisation des éclaircies qui éliminent les brins en surnombre et favorisent l’accroissement en diamètre des tiges ; mais aussi en aval par l’approvisionnement des industriels en produits de grande longueur.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique

Bois et Forêts
2ème trimestre 2001 34 Economique
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