- L’élagage du pin maritime est payant -

Depuis quelques années, l’élagage des jeunes peuplements de Pin maritime se développe dans la région. Le but : produire du bois sans noeuds recherché par l’industrie. Cette opération coûte environ 3000 francs par hectare. La dépense est connue, mais la plus-value financière réalisée au moment de l’exploitation des arbres reste à calculer.

Actuellement, le bois sans noeuds ou présentant des petits noeuds sains se commercialise aux alentours de 200 francs le mètre cube sur pied ou même jusqu’à 260 francs pour les plus belles billes. Ses utilisations : le contre-plaqué ainsi que la menuiserie et le lambris/parquet. Le pin noueux lui ne vaut que 150 à 160 francs le mètre cube ; il est employé en caissage et coffrage. Cette qualité de bois abonde sur le marché. L’intérêt à produire du bois sans noeud est donc très net.

Pour que la comparaison financière soit complète, la dépense doit être actualisée. L’argent investi dans l’opération d’élagage est placé à intérêts composés jusqu’au moment de la coupe rase. Avec un taux de placement de 3,5%, couramment utilisé en matière forestière, la dépense initiale de 3000 francs réalisée vers 9 et 15 ans équivaut donc à 9300 francs à 45 ans, âge de la récolte finale. Théoriquement, on exploite alors 300 mètres cubes de bois par hectare. Rappelons que seulement les six premiers mètres des tiges ont été élagués. Le haut du tronc présente toujours des branches, donc des noeuds. Les six mètres de bille de pied élagués représentent environ 50% du volume total de l’arbre. Chaque mètre cube sans branches (environ 150 mètres cubes par hectare) doit donc se vendre 62 francs plus cher que le bois avec noeuds pour que l’opération soit rentable (9300 francs divisés par 150 mètres cube). Environ 210 francs le mètre cube pour des billons de Pin maritime sans noeuds ? Ce prix correspond bien à la réalité du marché actuel. Et n’oublions pas que la rentabilité de l’élagage est encore améliorée si le propriétaire réalise lui-même les travaux, ou s’il bénéficie d’une subvention.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel Clupeau
CRPF
4ème trimestre 1999 28 Economique
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