- La deuxième vies des arbres morts -

"Exemple d’arbre à conserver sauf à proximité d’habitations ou de voies de communication".
"Exemple d’arbre à conserver sauf à proximité d’habitations ou de voies de communication".

Dépérissants, sénescents ou morts, les arbres demeurent des milieux de vie extrêmement riches sur le plan biologique, notamment en insectes xylophages. Ce sont des habitats précieux pour des espèces souvent spectaculaires, comme le grand capricorne (Cerambyx cerdo), le lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et la rosalie alpine (Rosalia alpina). Plus de 10 000 espèces d’insectes dépendent des habitats forestiers en Europe, et parmi celles-ci les « ravageurs » représentent moins de 1%.

Les cavités, grandes ou petites, sont favorables aux oiseaux tels six espèces de pics, mais aussi aux rapaces nocturnes comme la chouette hulotte et la chouette chevêche dans notre région. Elles sont également fréquentées, comme les écorces et les crevasses, par les chauve-souris. Les écureuils, la martre, la genette, les lérots et muscardins, occupent régulièrement des cavités de vieux arbres, sans oublier certaines espèces de batraciens et de reptiles.

Le bois mort, quant à lui, accueille une faune dense et variée de décomposeurs, animaux ou végétaux. De même, les champignons sont d’indispensables travailleurs de la matière organique : 80% des espèces connues sont saprophages. La conservation d’arbres morts, à cavités et dépérissants est le gage d’un écosystème complet et stable. Ceci doit bien évidemment s’accompagner de la vigilance nécessaire vis à vis de déprédateurs pouvant affecter peu à peu les peuplements sains. Après quelques mois, une année au plus, un arbre mort ne présente plus aucun danger de dissémination de ravageurs. D’une manière générale, on estime que le nombre d’arbres morts et à cavités, à conserver, va de 2 à 3/ha. Pour les chauves-souris forestières 2 à 6 arbres à cavités/ha sont conseillés pour le maintien de populations viables. Le maintien d’îlots de vieillissement semble plus efficace que la conservation de quelques arbres disséminés.

Les gîtes arboricoles fréquentés par les chauves-souris sont encore mal connus ; on sait toutefois qu’elles utilisent tant les fissures que les écorces décollées et les anciennes loges de pics et autres cavités. Les oreillards, la sérotine commune, certains murins, la noctule de Leisler, la noctule commune, la pipistrelle commune, sont arboricoles. Nombre d’espèces cavernicoles, utilisent les lisières boisées et les friches, comme terrains de chasse. On compte 20 espèces de chauves-souris en Poitou-Charentes. Elles sont très utiles au sylviculteur : plus de 6 insectes capturés en une minute, l’équivalent du tiers de leur poids en une nuit et environ 1,8 kg d’insectes mangés en une saison de chasse, pour un individu pesant quelques grammes !
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain PERSUY
CRPF
3ème trimestre 2002 39 Environnement
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