- LA TEMPETE PROFITE AUX GRANDS ANIMAUX -

Le 27 décembre 1999, les forêts de notre région étaient balayées par une tornade, avec les conséquences que l’on connaît. Mais contrairement à ce que l’on pouvait craindre la faune sauvage n’a pas été décimée.

Les animaux sauvages retrouvés morts sous les troncs des arbres restent peu nombreux comme l’ont montré les enquêtes réalisées par certaines Fédérations Départementales des Chasseurs. On cite ici un chevreuil ou un sanglier écrasé, là un lièvre noyé, des palombes, des geais ou des étourneaux sansonnets morts projetés par le vent contre des obstacles. Au plus fort de l’ouragan, bon nombre de mammifères avaient quitté les bois. Dès la fin de l’après-midi des chevreuils ont abandonné les massifs forestiers pour se réfugier dans les cultures ou les prés. Ce phénomène est couramment observé en montagne quand de soudaines dépressions orageuses s’annoncent.

Pendant environ un mois, le gibier a eu un comportement bizarre (concentration d’animaux, fréquentation de nouveaux territoires, lieux de passages différents, …), certainement dû aux modifications de leur habitat. Depuis, les zones dévastées ont été recolonisées. La grande faune sauvage a trouvé à sa portée une nourriture abondante (lierre, jeunes pousses, rejets, …), de nouvelles zones d’abri et de calme sous les troncs et les têtes des arbres renversés.

Les pratiques cynégétiques ont été perturbées en début d’année 2000. Au lendemain de la tempête, bon nombre de chasseurs ont délaissé le fusil pour la tronçonneuse, afin de dégager les clôtures et les chemins. De plus, la pratique de la chasse s’est révélée délicate et parfois risquée. Les zones endommagées sont pénibles à parcourir pour les hommes et les chiens. Les animaux qui se sont familiarisés avec leur nouveau territoire, sont plus difficiles à approcher ou à faire sortir des enceintes. Le tir en battue demande beaucoup plus d’attention, les animaux chassés n’étant visibles qu’au dernier moment. Les piles de bois présentes sur les bords des chemins constituent des handicaps supplémentaires (risque de ricochets des balles).

Au printemps suivant, la reproduction des animaux a été normale. Les craintes d’avortement dues à l’effet tempête ne se sont jamais avérées fondées.

La tempête a contribué à faire exploser les populations de sangliers.
La tempête a contribué à faire exploser les populations de sangliers.

La réalisation du plan de chasse chevreuil en 1999 - 2000 a été légèrement perturbée, avec un taux de réussite en baisse dans les secteurs abîmés. Ce phénomène ne s’est pas reproduit lors de la dernière campagne de chasse où le prélèvement a retrouvé son niveau normal et ce, malgré une légère augmentation du nombre d’animaux à enlever.

Quant aux sangliers, l’existence de zones toujours impénétrables et la tranquillité engendrée par les interdictions préfectorales de parcourir les zones boisées sinistrées, ont contribué à faire exploser les populations. Ainsi, les dégâts aux cultures n’ont jamais été aussi importants sur notre région malgré l’augmentation des demandes de tir.

La grande faune n’a donc pas souffert de la tempête, et à l’aube de la reconstruction de la forêt, ses effectifs sont en légère hausse pour les cervidés, et en forte augmentation pour le sanglier. Les opérations de nettoyage et de reconstitution doivent donc en tenir compte pour éviter des dégâts importants. Dans le cas des taillis ou des régénérations naturelles, l’éparpillement des rémanents peut constituer un obstacle au cheminement des animaux pendant les premières années et protéger les semis et rejets. Pour toutes les plantations réalisées à faible densité (moins de 400 plants/ha), les protections individuelles seront indispensables et leur hauteur adaptée à l’animal le plus contraignant (1,20 m pour le chevreuil, plus de 1,60 m pour le cerf). Dans le cas des plantations en plein, l’impact des dégâts étant moins dommageable pour les grands chantiers, il faudra éviter autant que possible les plantations en timbre-poste.

La densité des plants sera systématiquement augmentée (supérieure à 1600/ha) et l’introduction de végétaux appétants pour le gibier pourrait préserver l’essence "objectif". Dans la zone du pin maritime de notre région, le semis direct, grâce à la surdensité, permettra d’obtenir un beau peuplement malgré une forte pression du gibier. Les entretiens devront être modérés afin de maintenir les plants dans un environnement végétal protecteur.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Patrick Castano br/>CRPF 1er trimestre 2002 37 Technique
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