- LE DOUGLAS : malgré ses qualités une place limitée en Poitou-Charentes -

Le Douglas vert a été introduit dans les parcs et jardins français en 1842. Il est originaire du Nord Ouest de l’Amérique, d’où son nom « Pin de l’Oregon ». Son développement en France n’a débuté qu’à partir du milieu du XXe siècle, après la mise en place des subventions du Fonds Forestier National. La France, avec 420 000 ha de douglas, possède plus de la moitié de la ressource européenne. En Poitou-Charentes, il couvre environ 3 500 ha. On le rencontre essentiellement au Nord Ouest des Deux-Sèvres (Gâtine) et au Nord Est de la Charente (Confolentais). En effet, sa forte sensibilité aux déficits hydriques et sa préférence pour des sols acides, profonds et sains, font qu’on le retrouve majoritairement sur les hauteurs granitiques de ces deux régions naturelles.

Dans les stations qui lui conviennent, sa productivité dépasse les 11 m3/ha/an, ce qui permet de produire des arbres de 150 à 180 cm de circonférence en 50 à 70 ans. Son bois de cœur, de couleur rouge, est naturellement durable (classe 3) et présente d’excellentes qualités mécaniques. Il peut donc être utilisé en extérieur sans traitement. Il est également très apprécié en charpente et pour les bois de structure ou d’ossature. Ces qualités et la proportion de bois de cœur augmentent significativement avec l’âge jusqu’à 70 ans.

La production nationale de sciage de Douglas a doublé en dix ans et devrait tripler d’ici 2030 pour atteindre un volume de 2,5 millions de m3/an
La production nationale de sciage de Douglas a doublé en dix ans et devrait tripler d’ici 2030 pour atteindre un volume de 2,5 millions de m3/an

Le Douglas est donc une essence valorisée par des cycles de production longs. Ainsi, les grumes de qualité de plus de 1,5 ou 2 m3 peuvent se vendre jusqu’à 75 €/m3.

Souvent issues de plantations, même si la régénération naturelle fonctionne bien, les douglasaies sont installées à une densité proche de 1 200 tiges/ha avec des plants en racines nues de provenance adaptée. Pour les stations les plus favorables, les plants issus des vergers à graines « Darrington » et « Luzette » sont à privilégier. Pour les stations plus limites, le verger « Californie » fournit des plants mieux résistants au stress hydrique mais plus sensibles aux gelées tardives. Ensuite, la première éclaircie devra être réalisée dès que les arbres atteignent 12 à 14 m de haut. Celle-ci permettra l’ouverture de cloisonnements et favorisera les 250 à 350 arbres d’avenir. Les éclaircies suivantes seront répétées tous les 5 à 7 ans et prélèveront à chaque passage 25 à 30 % des tiges restantes, toujours au profit des arbres d’avenir. Ces derniers, appelés à constituer le peuplement final, gagneront à être élagués sur une hauteur de 6 m après la 1ère éclaircie car le Douglas s’élague mal naturellement.

L’hylobe (insecte) et les cervidés sont les principaux ennemis des jeunes peuplements.
L’hylobe (insecte) et les cervidés sont les principaux ennemis des jeunes peuplements.

Les aiguilles du Douglas se décomposent rapidement et permettent un retour rapide des éléments minéraux au sol. L’image « d’acidificateur des sols » souvent attribuée au Douglas n’est donc pas justifiée.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Marc MOUNIER
CRPF
2ème trimestre 2014 86 Essences
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