- LIERRE ET RONCES pour une forêt vivante et productive -

La forêt n’est pas seulement un lieu de production de bois. C’est aussi une mosaïque de peuplements, d’étages de végétation, de végétaux parfois considérés comme nuisibles et dont l’ensemble forme un milieu vivant remarquable.

Le lierre est encore souvent traité comme un parasite dangereux, à éliminer chaque fois que possible. Il est désormais prouvé qu’il constitue un facteur de biodiversité très important, à plusieurs titres. C’est le lieu idéal de nidification et d’alimentation pour de nombreuses espèces d’oiseaux, comme par exemple les merles et les grives qui se nourrissent de ses baies, l’hiver finissant. Il abrite maintes espèces d’insectes et d’araignées, et en septembre-octobre, son pollen attire abeilles et papillons divers. Enfin, ses feuilles donnent un excellent humus, rapidement assimilable par l’arbre hôte.

Les friches sont d’irremplaçables abris pour de nombreux animaux : rongeurs, petits carnivores, gibiers divers. Elles accueillent une grande variété de passereaux, insectes et reptiles. Elles ne doivent pas être systématiquement considérées comme des milieux néfastes, mais bien au contraire être gérées au même titre que les landes et autres formations végétales non productives.

La ronce, nourricière de la faune à bien des égards, peut protéger la régénération d’essences nobles comme le chêne, et de toute façon ne constitue qu’un stade végétatif transitoire. Il suffit alors de la maîtriser.

Les buissons et le sous-étage qui s’installent spontanément représentent également de milieux utiles aux animaux. Outre leur rôle cultural (élagage ou gainage, amélioration de l’humus), ils sont un garde-manger pour les petits mammifères comme les lérots, les loirs et les muscardins, ainsi que les oiseaux forestiers.

De même, toutes les espèces arborescentes présentes dans un peuplement ont un rôle similaire, auquel s’ajoute celui de l’amélioration paysagère, et méritent d’être conservées : érable champêtre, saules, aulnes, merisiers, bouleaux, frênes, tremble, érable sycomore, tilleuls, charme, alisier torminal… Même si elles ne constituent pas les essences « objectif » leur fonction d’accompagnement n’est pas à négliger. Des travaux récents ont prouvé que la productivité de certaines essences « objectif »est très améliorée par la présence ou l’introduction d’essences d’accompagnement. L’aulne à feuilles en cœur, l’aulne de montagne et le sureau noir améliorent la croissance des noyers. Le bouleau enrichit le sol en azote, phosphore et potasse et agit comme un véritable engrais au profit des chênes ou des pins.

En général, plus un peuplement forestier est mélangé, plus il est riche biologiquement et résistant aux aléas climatiques et sanitaires.

Laurier des bois, (Daphne laureola), gouet tacheté (Arum maculatum), chèvrefeuille des jardins (Lonicera caprifolium), viorne lantane (Viburnum lantana), viorne obier (Viburnum opulus), houx (Ilex aquifolium), fusain d’Europe (Euonymus europaeus), lierre (Hedera helix), tamier (Tamus communis), ronce (Rubus friticosus), cornouiller sanguin (Cornus sanguinea), troëne commun (Ligustrum vulgare), noisetier (Corylus avellana), buis (Buxus sempervirens), sureau noir (Sambucus nigra), pommier sauvage (Malus sylvestris), nerprun purgatif (Rhamnus cathartica), aubépines (Crataegus sp), cormier (Sorbus domestica), cerisier à grappes (Prunus spadus).
Exemples d’espèces à conserver au titre de la biodiversité.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain Persuy
CRPF
2ème trimestre 2002 38 Environnement
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