- La récolte de bois de feu ne doit pas favoriser les coupes rases -

L’actualité est au développement des énergies vertes en substitution des énergies fossiles. La demande en bois bûche, combustible de choix et renouvelable par excellence, devrait ainsi augmenter. Mais un engouement trop rapide peut mener à des choix d’exploitation radicaux, des coupes à blanc systématiques, qui peuvent conduire à un appauvrissement des peuplements forestiers.

En effet, lorsqu’un taillis de chêne est trop âgé, c’est-à-dire au-delà de cinquante ans, sa capacité à rejeter de souche est affaiblie. Par ailleurs, les cerfs et chevreuils sont très friands des repousses. Ces éléments conjugués font qu’en l’espace d’une seule génération, un taillis peut évoluer en une lande arborée peu productive.

La coupe rase présente d’autres inconvénients. Dans les zones humides, la suppression brutale sur une surface importante des « pompes naturelles » que constituent les peuplements peut entraîner une remontée de la nappe phréatique et une inversion de la flore. La molinie et les « bois blancs » colonisent alors l’espace en lieu et place des chênes et ce pour de nombreuses années. D’un point de vue paysager, l’impact de la coupe rase sera d’autant plus fort que les surfaces concernées seront importantes.

Dans les taillis, préalablement à toute intervention, le gestionnaire doit rechercher des solutions alternatives à la coupe rase. Là où la qualité et l’âge du peuplement le permettent, il est préférable de rallonger le cycle de production pour produire du bois d’œuvre. Dans ce système, des éclaircies progressives au profit des plus belles tiges permettent de maintenir un revenu bois de feu.

Mais tous les peuplements ne peuvent pas être convertis en futaie. La coupe rase reste une solution adaptée aux peuplements sur sols ingrats, aux taillis médiocres, ou alors trop âgés pour que l’éclaircie leur soit bénéfique. Dans ces cas, des mesures doivent être prises pour protéger les repousses de la dent du gibier : engrillagement ou au minimum protection des souches par les rémanents d’exploitation.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
BOIS ET FORÊT
CRPF
1er trimestre 2010 69 Environnement