- La replantation des peupliers doit être planifiée dès la vente des bois -

Le populiculteur qui souhaite nettoyer pour reboiser une peupleraie après son exploitation, doit prendre en considération deux éléments : le bois restant au sol (rémanents d’exploitation) et les souches. La restauration du terrain peut être financièrement élevée et grever la rentabilité finale du boisement. Pour faciliter cette remise en état, son organisation doit être prévue dès la mise en vente des bois.

La commercialisation du peuplier concerne avant tout le bois d’œuvre avec les qualités déroulage et sciage. La grume s’arrête généralement au niveau d’un diamètre de 25 cm. On parle alors du diamètre fin bout. Reste l’ensemble des branches et du tronc situé au-dessus du fût. Ces sous-produits peuvent être commercialisés soit pour la papeterie soit pour le bois énergie. Dans le premier cas, le diamètre fin bout est d’environ 7 cm. Le bois restant au sol se trouve alors considérablement diminué. La vente de la papeterie se négocie au moment de l’achat des bois. La plupart des exploitants forestiers assurent sa récolte. Le coût du broyage des rémanents restant au sol oscille entre 800 et 1 000 € de l’hectare HT. Cette opération comprend également l’arasage des souches.

Si les rémanents ne sont pas valorisés par la papeterie, ils peuvent être transformés en bois énergie, sous forme de plaquettes (broyats de quelques centimètres). L’ensemble du bois est alors regroupé au bord de la parcelle pour être déchiqueté par un broyeur alimenté par un grappin. Le nettoyage de la parcelle est quasiment complet. Un gyrobroyeur léger est suffisant pour traiter les quelques branches ou ligneux (frêne...) subsistant sur le terrain. Le montant engagé pour la remise en état n’est plus que de 150 à 200 €/ha. Dans tous les cas, cette solution nécessite un volume assez conséquent ainsi qu’une desserte suffisante de la parcelle pour acheminer le broyeur et évacuer les plaquettes. En marge de l’exploitation du bois d’œuvre, il est possible de faire appel à un autre prestataire pour la récupération de ce bois énergie. Mais cette opération doit être organisée dès la mise en vente du lot de peuplier. Dans l’idéal, le débardage des grumes et la sortie des rémanents doivent être réalisés conjointement.

Le dessouchage complet est à éviter. Il engendre toujours des coûts élevés et perturbe le sol. Il est recommandé, si possible, de conserver les écartements initiaux entre les arbres et de replanter sur les anciennes lignes de plantation. Les plants sont alors intercalés entre les souches. Il est en revanche utile de profiter du broyage lourd des rémanents araser celles-ci, notamment lorsque les nouveaux rangs de plantation ne peuvent pas coïncider avec les anciens. Ceci facilitera les entretiens futurs. Par ailleurs cet arasage évite l’apparition de vigoureux rejets de peuplier et permet une disparition rapide de l’ensouchement.

Il est toujours utile de rappeler que l’exploitation et le débardage ne doivent pas s’effectuer sur un terrain gorgé d’eau afin d’éviter les profondes ornières et un tassement du sol entraînant des coûts supplémentaires de remise en état. Ils sont toujours préjudiciables à la bonne croissance des plants.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain ROUSSET
CRPF
Année 2016 92 Technique
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