- La tonnellerie charentaise en tête de la production mondiale -

Les tonneliers charentais produisent à eux seuls 60 % des barriques fabriquées en France et 30 % de la production mondiale. Au niveau national et en 2014, une cinquantaine d’entreprises ont réalisé environ 500 000 fûts pour un chiffre d’affaires de 342 millions d’euros. Les deux tiers de cette production sont destinés à l’exportation principalement vers les États Unis. Cette industrie transforme annuellement 265 000 m3 de grumes, soit à peine 10 % de la récolte totale française de chêne. Les billons de qualité tonnellerie sont, après tri, payés en moyenne 500 €/m3 entrée usine. Ce prix élevé participe à l’augmentation du cours du chêne sur pied observée depuis deux ans.

Pour être transformée en tonneaux, une bille de chêne doit avoir un diamètre minimum de 40 cm, être de droit fil, sans nœuds et avoir une longueur minimum de un mètre. La partie saine des billes comprenant un grave défaut comme la gélivure peut quand même être utilisée. Les grumes sélectionnées sont découpées en billons de 1 m ou 1,10 m pour faire des barriques standards de 225 litres ou de 350 litres. Ces billons sont fendus en quartiers étroits puis sciés pour réaliser les merrains. Ce sont des sciages de 32 mm d’épaisseur et d’une largeur comprise entre 6 et 13 cm. Après séchage à l’extérieur pendant 2 ou 3 ans selon la destination des barriques, les merrains sont usinés par les tonneliers pour fabriquer les douelles. Pour réaliser les fûts, ces éléments de base sont ajustés, assemblés, cintrés et maintenus à l’aide de cercles métalliques. Les fonds sont constitués de merrains plus courts. En moyenne, 4,5 m3 de grumes fournissent 1m3 de merrain qui permettra la réalisation d’environ 10 fûts standards. On fabrique donc deux barriques avec un mètre cube de grume. Le merrain sec se vend plus de 3 000 €/m3, il compte donc presque pour moitié dans le prix d’une barrique qui se négocie en moyenne 700 €.

Les merrains doivent sécher 24 mois pour les barriques à vin et 36 mois pour le cognac.
Les merrains doivent sécher 24 mois pour les barriques à vin et 36 mois pour le cognac.

Les merrandiers indépendants sont de moins en moins nombreux. En effet, les tonneliers produisent aujourd’hui eux-mêmes les deux tiers de leurs merrains. Ils ont racheté ou créé leurs unités de production pour être moins dépendants d’un produit nécessitant au moins deux ans de séchage. La plupart de leur approvisionnement provient d’entreprises d’exploitation forestière qui ont trié les billes aptes à cet usage.

Actuellement, 70 % du volume utilisé en France est originaire des forêts domaniales, alors que celles-ci ne représentent que 10 % des surfaces boisées. La sylviculture du chêne pratiquée dans ces forêts depuis plus d’un siècle montre aujourd’hui ses résultats en termes de volume et de qualité. En forêt privée, la sylviculture du chêne doit continuer à progresser pour que les propriétaires forestiers augmentent à terme leur contribution au succès de cette filière.

Remerciements à M. Romuald Gatard, de la société Tonnellerie Merranderie Réunies à Genouillac en Charente pour son aimable collaboration.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Marc DEMENE
CRPF
Année 2016 92 Economique
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