- Le Cèdre de l’Atlas : un géant des parcs qui a tout d’un forestier -

Le cône de cèdre se désarticule lentement sur l’arbre, en provoquant une régénération naturelle abondante
Le cône de cèdre se désarticule lentement sur l’arbre, en provoquant une régénération naturelle abondante

Le Cèdre de l’Atlas a été introduit au XIXème siècle sur l’ensemble de la région Poitou-Charentes. Cependant son rôle se limite bien souvent à l’ornement des parcs et son utilisation en milieu forestier est encore assez marginale. Pourtant ce résineux ne manque pas d’arguments pour séduire les sylviculteurs. Ce géant impressionnerait-il encore les forestiers ?

Notre région est tout à fait adaptée à la production du cèdre. Rustique, il est capable de s’adapter à de nombreux terrains. Il pousse aussi bien en terrain acide que calcaire. Il a néanmoins besoin d’un sol meuble ou du moins fissuré, pour pouvoir développer sa racine pivotante. Par contre, il ne pourra pas pousser sur des terrains trop mouilleux ou argileux. D’un point de vue climatique, c’est une essence qui est capable de supporter les fortes sécheresses estivales et qui accepte également des froids jusqu’à -20°C. Sa croissance et la qualité de son bois ne sont pas en reste. Avec une production moyenne estimée entre 7 et 10m3 par hectare et par an, le cèdre est une essence à croissance rapide. En peuplement, il perd sa forme étalée pour adopter une forme élancée et conique tout à fait adaptée à la production de grumes. Le bois de cèdre est odorant, durable et présente des qualités mécaniques élevées. Il est principalement utilisé en charpente, en menuiserie intérieure et extérieure, ainsi qu’en ébénisterie.

Cependant, la culture de cet arbre demande quelques précautions. En effet, la croissance juvénile du cèdre est lente. Il faut lui donner le maximum de chances au démarrage. Pour cela on optera pour un plant en motte de gros volume (400 cm3). Les cinq premières années, il va installer son système racinaire et c’est seulement ensuite que le développement aérien va intervenir. Cette phase sera d’autant plus délicate que le cèdre est à la fois sensible à la concurrence herbacée et aux désherbants. Le produit utilisé ne devra en aucun cas toucher les plants. L’entretien de la ligne pourra également se faire manuellement, mécaniquement ou éventuellement de manière préventive avec la pose d’un paillage. Tous les plants devront être protégés du gibier car il est très apprécié des lapins, lièvres et cervidés !

Cette essence un peu oubliée des forestiers pourrait tenir une place importante en Poitou-Charentes, notamment dans le contexte du réchauffement climatique. Attention cependant à ne pas abuser de sa rusticité : il serait dommage de le cantonner aux terrains pauvres et difficiles.

De par sa forme et sa vitesse de croissance, le Cèdre de l’Atlas se prête plus à la production forestière que le Cèdre du Liban, dont il est pourtant botaniquement très proche. En conséquence, le Cèdre du Liban est plus présent en parcs qu’en forêt.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Isabelle Barranger
CRPF
4ème trimestre 2007 60 Essences
Dans la même rubrique
  1. les sols des vallées de Poitou-Charentes permettent de diversifier les essences
  2. Le noyer : arbre précieux, soins précis
  3. Les peupliers consomment moins d’eau qu’on ne le dit
  4. L’élagage du Pin maritime à trois mètres reste nécessaire
  5. Identifier correctement un peuplier renseigne sur sa généalogie
  6. Les peupleraies sont menacées par le puceron lanigère
  7. Blanc du Poitou, I.45-51 et Dorskamp : du moins performant au plus poussant
  8. De nouveaux peupliers à expérimenter
  9. La valeur du bois de peuplier diminue depuis un quart de siècle
  10. Lente reconstitution de la ressource en peuplier
  11. Le I.45.51 peut doubler le Dorskamp
  12. Eau et peuplier : encore de nombreuses interrogations
  13. Les arbustes forestiers – 1ère partie
  14. Peuplier, biodiversité et paysage : des sujets complexes à approfondir
  15. Une activité économique majeure avec une faible surface en peupleraie
  16. Le Frêne commun : une essence précieuse à développer
  17. Le Cèdre de l’Atlas : un géant des parcs qui a tout d’un forestier
  18. Les onze clones subventionnables pour les peupleraies de la région
  19. Nettoyage des peupleraies sinistrées : de lourds travaux sur des terrains fragiles
  20. Les arbustes forestiers (2ème partie)
  21. Maintenir le mélange peuplier –taillis de frêne est possible sous conditions
  22. Le peuplier, une histoire d’eau
  23. Le temps travaille pour le Blanc du Poitou
  24. Le rôle protecteur des essences d’accompagnement
  25. Travail du sol : tout bénéfice pour I214 et Dorskamp
  26. L’Alcinde en tête dans les sols limoneux
  27. Terrains à nappe profonde : penser aux clones interaméricains
  28. Peuplier - Bois élagué : jusqu’à 3000 F/m3
  29. Expérimentation : Dorskamp en tête dans les sols tourbeux
  30. Robinier : l’offre de bois d’œuvre ne suit pas la demande
  31. Erables : le sycomore en tête pour les usages nobles
  32. Le ’Blanc du Poitou’ est une valeur sûre
  33. Le Douglas perd du terrain
  34. Les chênes à feuilles persistantes sont adaptés à la sécheresse
  35. L’évolution du climat entraînera un déplacement des essences forestières
  36. La plantation est l’unique solution pour renouveler les peupleraies
  37. Le tulipier de Virginie : une essence ornementale au bois de qualité
  38. La régénération du châtaignier par semis pour produire des gros bois
  39. Le chêne pubescent vaut le chêne pédonculé
  40. Le Charme est l’ami du Chêne
  41. Le changement climatique ouvre une porte aux sapins méditerranéens
  42. Menace sanitaire sur le frêne
  43. Le bouleau est un colonisateur utile
  44. Dépérissement des taillis : la place du châtaignier va diminuer
  45. Dégâts de gibier : la menace plane pendant vingt ans
  46. Une pénurie annoncée en bois de Pin maritime
  47. Charpente ou menuiserie en Pin Laricio : l’élagage fera la différence
  48. LE DOUGLAS : malgré ses qualités une place limitée en Poitou-Charentes
  49. Les aulnes aussi peuvent produire du bois d’œuvre
  50. De nouvelles aides pour planter du peuplier
  51. Le Platane : des problèmes sanitaires qui limitent son utilisation forestière
  52. Maladies, sols et climat, responsables des dépérissements du châtaignier en Charente
  53. Le tremble, un peuplier forestier colonisateur
  54. Le charme, compagnon utile du chêne
  55. Des feuillus encore précieux pour la sylviculture, moins par leur prix
  56. Le peuplier n’est pas la seule essence présente dans les vallées
  57. Le Chêne vert progresse avec le changement climatique
  58. Les essences locales sont déjà impactées par le changement climatique