- Le bois mort participe à la santé des forêts -

Le bois mort, qu’il soit à terre ou debout, de petite taille ou de grande dimension, est très important pour la bonne santé biologique des peuplements. En se décomposant, il améliore la qualité des sols. Dans les forêts gérées, la plupart des cycles sylvicoles raccourcissent la durée de vie des arbres, qui sont exploités à maturité commerciale. Le bois mort lié à la présence de vieux arbres est alors relativement peu présent, sauf accidents climatiques (tempêtes) ou biologiques (maladies et parasites).

Le quart des espèces vivant en forêt a besoin du bois mort : insectes saproxyliques qui s’en nourrissent, chauves-souris, oiseaux cavicoles comme les pics et les mésanges, champignons, mousses et lichens… Lorsqu’il est suffisamment abondant et diversifié, les insectes ennemis des arbres sont naturellement mieux régulés par leurs prédateurs (oiseaux et chauves-souris).

Ne disposant pas de chiffres fiables, le CRPF a confié à Marjorie Niort, une étudiante à l’Université de Poitiers, le soin d’évaluer les quantités de bois mort actuellement présentes dans les forêts gérées de notre région. Dans 8 massifs de 100 à 150 ha, soit 2 par département, 257 points de relevés ont été effectués. Les résultats montrent que les quantités sont très variables selon les massifs et les types de peuplements. Les jeunes boisements artificiels comportent par définition peu de bois mort. Les futaies résineuses sont assez pauvres, tandis que les taillis et futaies feuillues en sont généralement mieux fournis. Sur l’échantillon choisi, les chiffres varient de 4 à 19 m3par hectare. Un volume d’une vingtaine de mètres cubes par hectare permettrait à la biodiversité forestière de s’exprimer au mieux.

Parallèlement à ce travail de terrain, une enquête a été menée auprès de 700 propriétaires titulaires d’un plan simple de gestion pour connaitre leur avis et leur connaissance ou non des enjeux liés au bois mort. Sur les 200 personnes ayant répondu, plus de la moitié se disent prêtes à mettre en œuvre une gestion permettant d’en augmenter les volumes à l’hectare…

Les arbres à cavités ou même morts sur pied hébergent une biodiversité très importante
Les arbres à cavités ou même morts sur pied hébergent une biodiversité très importante

Traumatisant lorsqu’il est provoqué par un ouragan, le bois mort doit pouvoir être considéré comme indispensable à la bonne santé de nos forêts. En maintenant trois arbres morts, sénescents ou à cavité par hectare et en conservant du gros bois mort au sol, le forestier améliore le fonctionnement de l’écosystème.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
A. PERSUY - M. NIORT
CRPF
1er trimestre 2012 77 Environnement
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