- Le bois ne manque pas pour alimenter les chaufferies -

Poitou-Charentes est l’une des premières régions de France au niveau de l’équipement en chaufferies collectives au bois : 80 mégawatts installés pour 250 chaufferies collectives fin 2009. Ce parc, qui consomme annuellement 40 000 tonnes de plaquettes est en plein accroissement, ce qui fait parfois naître une inquiétude chez certains décideurs ou maîtres d’œuvre : y aura-t-il assez de bois pour alimenter ces chaufferies ?

A l’heure actuelle, une part très minoritaire de ce volume de plaquettes provient directement de forêt, l’essentiel étant constitué du broyage de produits en fin de vie (palettes, …) et de "connexes" des industries régionales du bois, anciennement appelés déchets. La filière de transformation régionale génère annuellement 550 000 tonnes de ce type de produits, dont un quart pourrait changer d’utilisation au gré des fluctuations du marché, selon les enquêtes de l’interprofession Futurobois. Dans cette dernière catégorie, on trouve des produits convenant techniquement au chauffage.

D’autre part, on pourrait assister à certains transferts de débouchés. Ainsi, l’usine de panneaux de Châtellerault qui a fermé début 2009, consommait annuellement 120 000 tonnes de rondins résineux qui pourraient aujourd’hui techniquement être utilisés par la filière énergie.

Enfin, la forêt régionale constitue un gisement renouvelable conséquent. En effet, des études en cours(1) laissent penser que près de 200 000 mètres cubes de l’accroissement annuel ne sont pas exploités. Ces volumes ne sont évidemment pas tous disponibles pour le chauffage : ils comprennent du bois d’œuvre, d’industrie, des bois inaccessibles économiquement ou à cause de problèmes liés à l’extrême morcellement de la propriété. Mais il y a à l’évidence dans cette masse quelques dizaines de milliers de mètres cubes qui pourraient alimenter des chaudières. Pour le moment, ce bois reste en forêt car il est difficile de rémunérer le sylviculteur du fait des frais d’exploitation. Pour activer ce gisement, il faudrait pouvoir lui payer la tonne de plaquettes à un niveau de prix au moins équivalent à celui du bois de trituration.

Les professionnels de l'amont s'organisent pour aménager des plates formes d'approvisionement de proximité.

On constate que la disponibilité en bois existe et qu’elle est diversifiée. Il y a donc encore de la place pour de nombreuses chaufferies. Reste à mieux structurer la filière d’approvisionnement, afin de garantir à l’utilisateur un combustible de qualité constante. C’est ce à quoi s’emploient les professionnels, notamment au travers de l’association Qualiflam’Bois, qui a récemment mis en place une charte de qualité de la plaquette forestière.

(1) AREC Poitou Charentes, mission Observation Biomasse.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
JM DÉMENÉ
CRPF
1er trimestre 2010 69 Economique