- Le boisement contribue à protéger la ressource en eau -

Le boisement des périmètres de protection des captages d’eau potable apparaît aujourd’hui comme particulièrement adapté à la protection de la ressource en eau. Les raisons en sont à la fois réglementaires, techniques et économiques.

Dans les périmètres de protection rapprochés, il arrive que les servitudes édictées ne permettent plus une exploitation agricole du sol. Le boisement s’avère alors l’une des solutions possibles. Celui-ci permet de maintenir une couverture végétale pérenne et de fixer les sols.

En matière de qualité des eaux, les boisements génèrent peu d’apports de polluants sur la parcelle car ils n’utilisent pas ou pratiquement pas d’engrais et de produits phytosanitaires. Une étude commandée par une marque d’eau minérale montre également que la charge en azote de l’eau percolant au travers de la zone racinaire dépend du mode d’utilisation du sol. Les concentrations moyennes en nitrates, observées juste au-dessous de la zone racinaire sont de l’ordre de 2 mg/l sous forêt, 10 à 20 mg/l sous prairie, 70 à 120 mg/l sous culture de maïs ou de colza, plus de 100 mg/l sous culture maraîchère. Ainsi, seules les forêts, prairies et quelques cultures produisent une eau dont le taux de nitrates par litre se situe en dessous du seuil de potabilité (moins de 50 mg par litre).

Les boisements jouent également un rôle de filtre épurateur des eaux de ruissellement et des nappes superficielles. Mais attention, ce pouvoir n’est pas infini. Prenons l’exemple des nitrates : si les pratiques agricoles sur le bassin versant s’avèrent respectueuses de l’environnement, la largeur de la bande boisée pourra être relativement faible. Si l’apport d’engrais est élevé sur de vastes surfaces, la taille des boisements devra augmenter en conséquence. Ceci milite pour une gestion globale et concertée des usages du sol à l’échelle du bassin versant.

L’exemple de la ville de Munich illustre bien cette concordance entre les intérêts environnementaux, sociaux et économiques du boisement des bassins versants. En 1870, suite à des problèmes d’alimentation en eau potable, Munich choisit d’exploiter l’aquifère de la rivière Mangfall à 40 km de la ville. Cette ressource assure 80 % des besoins de l’agglomération et de vingt communes environnantes.

Progressivement, un tiers du bassin versant est boisé, dont 1500 ha appartiennent à la ville. Depuis 1950, les reboisements effectués sont principalement feuillus. Par ailleurs, la ville encourage et subventionne l’agriculture biologique dans le reste du bassin versant, soit 2250 ha. Cette politique a un impact très positif sur la qualité de la ressource en eau. Aucun traitement préalable n’est effectué avant distribution : ni filtration, ni chloration. En Bavière 60 % de l’eau distribuée ne fait ainsi l’objet d’aucun traitement. Ceci a bien entendu des répercussions sur le prix de l’eau au mètre cube.

Bien que ce type d’expérience soit encore trop rare dans l’hexagone, plusieurs initiatives ont été prises, tel le programme Re-Sources, en Poitou-Charentes*.

* voir article « Les différents périmètres de protection des captages ».

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Arnaud Guyon
Mélanie ARSABAN
CRPF
3ème trimestre 2007 59 Economique
Dans la même rubrique
  1. Le séchage est indispensable à la mise en œuvre du bois
  2. Le prix des forêts a progressé entre 2000 et 2006
  3. La filière bois bûche se professionnalise
  4. Regain d’intérêt pour une énergie renouvelable bon marché : le bois
  5. Les coopératives se regroupent pour s’adapter au marché
  6. Bien choisir sa méthode de vente de bois
  7. Le tiers des bois commercialisés en France est destiné à la trituration
  8. La vente bord de route permet de valoriser les bois grâce au tri
  9. De nombreux paramètres influent sur le prix d’achat d’une coupe de bois d’œuvre
  10. Les beaux jours du piquet de châtaignier et de robinier
  11. La filière bois constitue un atout majeur pour la région Poitou-Charentes
  12. Des plans de massifs pour dynamiser la gestion forestière des petites propriétés
  13. Un contrat de vente écrit pour éviter les contentieux
  14. Inflation sur les travaux
  15. La valeur d’une forêt ne dépend pas que du sol et du peuplement
  16. L’ECIF : un nouvel outil de restructuration foncière basé sur le volontariat
  17. Le boisement contribue à protéger la ressource en eau
  18. Toute vente de bois doit être suivie de près
  19. Le chauffage aux granulés de bois fait son entrée en France
  20. L’ECOCERTIFICATION, le prix à payer pour vendre ses bois.
  21. Du concentré de chêne pour bonifier les eaux de vie
  22. Un gisement de bois régional important : les produits connexes des industries
  23. Un taux réduit de T.V.A. accessible à tous
  24. Le peuplier, emballage propre
  25. L’abattage du châtaignier se mécanise
  26. Une embellie sur le marché du chêne
  27. Tonnellerie : des fûts en manque de chênes régionaux
  28. Baisse de la TVA à 5,5 % pour les travaux forestiers
  29. Commercialisation et reconstitution : l’union fait la force
  30. Seules les forêts assurées seront indemnisées
  31. L’élagage du pin maritime est payant
  32. Mécanisation : une machine abat le travail de six bûcherons
  33. Modes de vente : mode d’emploi
  34. Des premiers résultats encourageants pour les Plans de Développement de Massif
  35. L’éclaircie de taillis : un investissement qui rapporte
  36. La Région finance le boisement des périmètres de captage d’eau potable
  37. En populiculture, la valeur n’attend plus le nombre des années
  38. Les 24 millions d’arbres replantés seront à couper d’ici quarante ans
  39. Le bois nouveau pétrole vert ?
  40. Deux nouvelles usines de déroulage de peuplier pour le grand Sud-Ouest
  41. Un film au service de l’éclaircie de taillis
  42. La surface des forêts françaises commence à diminuer
  43. Des reboisements de qualité mais plus économiques
  44. L’industrie du châtaignier s’adapte aux nouveaux marchés
  45. La comparaison économique entre régénération naturelle et artificielle s’avère délicate
  46. La filière peuplier menacée en Poitou-Charentes
  47. Développer les usages du bois sans augmenter les importations
  48. Marais poitevin : le peuplier sur la sellette
  49. Le chauffage aux bûches doit se moderniser pour mériter le titre d’énergie propre
  50. Tempête et incendie : un nouveau contrat d’assurance pour les sylviculteurs
  51. La chasse peut améliorer les revenus forestiers
  52. Une étude confirme l’efficacité des plans simples de gestion
  53. La ressource forestière régionale ne couvre pas les besoins de l’industrie
  54. Feuillus précieux : des marchés réduits, une demande fluctuante
  55. La filière peuplier aide financièrement la replantation
  56. Vente de bois : une cotisation obligatoire pour l’interprofession forestière
  57. L’essor du bois énergie sera-t-il compatible avec la ressource ?
  58. Les plants de peuplier soumis à redevance
  59. La Cotisation Volontaire Obligatoire : quelques précisions importantes
  60. Après les résineux, l’exploitation mécanisée se développe dans les taillis
  61. La tonnellerie charentaise en tête de la production mondiale
  62. Cuber et estimer une coupe est un vrai métier
  63. Des aides financières localisées pour améliorer les peuplements feuillus
  64. Nouveaux financements privés expérimentaux pour relancer la populiculture
  65. Pas de populiculture rentable sans élagage
  66. Le prix du Chêne en forte hausse
  67. 2000 chênes pour faire renaître un bateau