- Le débroussaillement peut être obligatoire dans les massifs à risque feux de forêts -

Francis Roumagnac est capitaine des pompiers au service d’incendie et de secours de la Charente. Il est également responsable départemental feux de forêts.

Bois et Forêts : En quoi consistent les Plans départementaux de protection des forêts contre l’incendie (PDPFCI) ?

Francis Roumagnac : Institués par la loi forestière de 2001, les PDPFCI localisent les massifs à risque et définissent des règles de prévention. Ils concernent six régions du Sud de la France ainsi que Poitou-Charentes. Ils sont élaborés en étroite collaboration entre les services de l’Etat, d’incendie et de secours, les collectivités territoriales et les principaux acteurs du monde forestier. En Charente, le cabinet en charge de l’étude a recensé et cartographié les incendies de forêts survenus entre 1976 et 2005, soit 27 feux en moyenne par an. Ont également été estimés les risques par type de peuplement et la pression humaine. Les Deux-Sèvres n’ont aucun massif classé à risque majeur. Dans les trois autres départements, des arrêtés préfectoraux ont entériné les études et défini les mesures de protection à mettre en oeuvre. En Charente l’arrêté date du 22 février 2007.

B. & F. : En Charente, quels sont les secteurs concernés par le PDPFCI ?

F. R. : Le PDPFCI a classé 7 massifs à risques majeurs, essentiellement situés dans le sud de la Charente et à proximité d’Angoulême. Dans le sud, la "Double" ainsi que trois secteurs du Montmorélien sont classés. A proximité d’Angoulême, la forêt de Soyaux, les forêts domaniales de Bois Blanc et de la Braconne, qui subissent une pression humaine importante, font partie du plan départemental. Dans le nord Charente, seuls les bois de Pleuville sont recensés. Ils sont contigus à la forêt de Charroux, classée à risque dans la Vienne. Au total, 53 communes charentaises sont concernées, représentant 21 200 ha boisés soit 17 % de la surface forestière départementale.

B. & F. : Quelles sont les implications de ce PDPFCI et les obligations qui en découlent ?

F. R. : Dans les zones à risque, le PDPFCI débouche sur toute une série d’actions, telle que la sensibilisation du public et des élus, l’inventaire des pistes et points d’eau liés à la lutte contre l’incendie, la réglementation de l’usage du feu. Mais la mesure phare concerne l’obligation de débrousaillement, comprenant la destruction de la végétation herbacée et ligneuse basse au ras du sol, l’enlèvement des arbres morts et dépérissants ainsi que l’élagage sur un tiers de la hauteur des arbres jusqu’à 2 mètres au moins. Cette obligation s’applique dans un rayon de 50 mètres autour des constructions, chantiers et installations situés à moins de 200 mètres des bois ou landes. Les propriétaires des biens à protéger doivent réaliser ce travail, même si les parcelles concernées appartiennent à des voisins. Les voies privées menant à ces implantations sont également concernées sur une largeur de 10 mètres de part et d’autre. De même, les pouvoirs publics ont la responsabilité du débroussaillement des routes nationales, départementales ainsi que des voies ferrées traversant ces massifs.

NB : Précisions disponibles sur le site internet de la préfecture, rubrique sécurité civile, puis risques majeurs et prévention, protection des forêts.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
2ème trimestre 2011 74 L’Interview
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