- Le peuplier n’est pas la seule essence présente dans les vallées -

La faculté d’adaptation aux terrains alluviaux n’est pas réservée aux seuls peupliers. D’autres essences forestières prospèrent aussi dans ces milieux. L’aulne glutineux, naturellement présent au bord des cours d’eau, s’adapte très bien aux terrains mouilleux. Il nécessite une alimentation en eau régulière toute l’année. Sa croissance rapide lui permet de produire en 30 ans des bois aptes à la menuiserie ou à l’ébénisterie. Fréquemment attaqué par le Phytophtora (champignon racinaire) cette essence reste vulnérable. Il est donc prudent de ne le planter que sur de petites surfaces ou en mélange.

L’aulne glutineux est connu sous le nom local de « Vergne ». Son bois a été utilisé jusqu’à récemment pour faire des meubles dont l’apparence après teinture est voisine de celle du merisier.
L’aulne glutineux est connu sous le nom local de « Vergne ». Son bois a été utilisé jusqu’à récemment pour faire des meubles dont l’apparence après teinture est voisine de celle du merisier.

Le frêne commun est déjà très présent dans les vallées où il est implanté sur 17 % de leur surface. L’arrivée de la chalarose (champignon foliaire) dans notre région rend son avenir incertain. Pour l’heure, il est fortement déconseillé de réaliser tout investissement financier sur cette essence. Par contre de nombreux peuplements naturels peuvent être améliorés par le biais d’éclaircies. Le frêne est valorisable en bois d’œuvre dès 60 ans. Son bois clair est très apprécié en ébénisterie et en menuiserie.

Le chêne pédonculé est également bien adapté à ces vallées. Sa production est plus longue, de l’ordre de 100 à 120 ans, mais c’est une valeur sûre. Aujourd’hui c’est le bois d’œuvre qui se vend le mieux localement. Ses utilisations sont multiples : tonnellerie, ébénisterie, menuiserie, charpente, bois de feu, palettes…

L’érable sycomore ne supporte pas les stations gorgées d’eau, mais dans les zones les moins humides de nos vallées il connaît des accroissements très importants. Son bois clair est utilisé en ébénisterie ou en lutherie et ce dès 40 ans dans les meilleurs stations.

Le noyer noir d’Amérique est très bien adapté aux stations fraîches. Ce noyer « forestier » possède les mêmes caractéristiques technologiques que son cousin, le noyer commun. Mais, à cause de la couleur plus foncée de son bois, il a toujours été déprécié sur le plan commercial.

Le platane, plus connu en agrément ou comme arbre urbain, a toute sa place en forêt et notamment dans les vallées où il trouve une alimentation en eau toute l’année. Son bois a les mêmes usages que celui du hêtre. Le chancre coloré, champignon mortel dont il est victime dans le grand sud de la France, ne semble pas actuellement remonter vers nos régions.

Les différents saules présents à l’état naturel dans toutes les vallées sont très faciles à multiplier par bouturage. Leur seule valorisation envisageable actuellement est le débouché bois énergie, mais celle-ci n’offre pas encore une rentabilité économique attractive pour le sylviculteur.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Isabelle BARRANGER
CRPF
Année 2017 95 Essences
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