- Le peuplier, une histoire d’eau -

Les peupliers sont des végétaux exigeants en eau, ce que confirme le bilan de l’expérimentation menée en Poitou-Charentes. Cette étude a montré que leur croissance est la meilleure dans les sols où le niveau d’eau se situe entre 50 et 100 cm de profondeur. Le gain de production est en moyenne de 24 % par rapport aux sols à nappe située à moins de 50 cm. Ces terrains, engorgés en permanence, sont défavorables à la croissance du peuplier du fait des problèmes d’asphyxie racinaire. Quant aux terrains à nappe profonde (plus de 150 cm) la perte de production est de l’ordre de 40 %. Cette différence s’explique par une mauvaise remontée capillaire de l’eau et/ou une forte compacité de ces sols. On peut même y observer des mortalités en cas de sécheresse prolongée.

Croissance moyenne du peuplier en fonction de la profondeur de la nappe.
Croissance moyenne du peuplier en fonction de la profondeur de la nappe.

Chaque clone présente cependant des besoins en eau très différents. Ainsi le Blanc du Poitou est le plus exigeant alors que Dorskamp l’est beaucoup moins. Quant à la consommation réelle en eau des peupliers, les études et les mesures réalisées sont fragmentaires et difficiles à interpréter. Néanmoins, il ressort de ces travaux qu’en été, l’évapotranspiration d’une peupleraie adulte est sensiblement la même que celle d’une prairie humide (Van Slyken en 84, Humbert et Al en 92, Ruffinoni en 94). Au niveau d’un bassin versant, la consommation en eau des peupliers et ses conséquences sur la ressource hydrique n’ont jamais fait l’objet de recherches (CEMAGREF 96). En outre, il conviendrait de comparer la surface occupée par le peuplier (6 à 10 % dans les vallées de Poitou-Charentes) à celle des autres types de culture (maïs, …). Il devient nécessaire que soient mis en place de véritables programmes pluridisciplinaires de recherches, faute de quoi des généralisations abusives et des approximations critiquables alimenteront un débat quelque peu stérile.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique

Bois et Forêts
3ème trimestre 2001 35 essences
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