- Le réchauffement climatique remet en cause la gestion des chênaies -

Depuis 1950, la température moyenne a augmenté de 1,2° et ce n’est qu’un début. D’après les spécialistes, la hausse continuerait pour atteindre, dans le pire des cas, + 6,4° en 2100. Cette augmentation de température pourrait se traduire par une généralisation des sécheresses et des canicules estivales, une augmentation des tempêtes et une plus forte pluviométrie en période hivernale.

La hausse des températures et l’augmentation des rejets de gaz carbonique ont, dans un premier temps, un effet bénéfique sur la croissance des arbres en augmentant la durée de végétation et la synthèse chlorophyllienne. Cependant, ces bénéfices sont vite anéantis par le manque d’eau en période estivale.

Les dépérissements se traduisent par des défoliations qui débutent à l’extrémité des branches.
Les dépérissements se traduisent par des défoliations qui débutent à l’extrémité des branches.

Dans notre région, les chênes sessiles et pédonculés sont les essences les plus présentes. Les effets des accidents climatiques affectent déjà fortement les chênes pédonculés et de nombreux dépérissements ont été observés depuis la sécheresse de 1976. La canicule de 2003 a amplifié le problème. Le chêne pédonculé, essence pionnière, est présent sur de nombreuses stations, y compris sur sol séchant peu propice à son développement. C’est pourtant le chêne français qui a le plus grand besoin en eau. Lors des reboisements, il faut le cantonner aux stations de vallées. Le chêne sessile, plus sobre, résiste mieux aux stress. Toutefois, il est à proscrire sur les sols trop filtrants. Une étude démontre qu’au début du vingtième siècle, le pédonculé avait une croissance légèrement plus importante que le sessile. Depuis les années de sécheresse, de 1972 et surtout de 1976, le chêne sessile a gardé sa vigueur alors que le chêne pédonculé a perdu près de 20 % de croissance.

Pour limiter les effets du réchauffement climatique, le propriétaire devra s’orienter vers un objectif de futaie claire, avec une diminution des âges d’exploitabilité. Pour ce faire, la sylviculture sera dynamisée avec des dépressages et des éclaircies plus forts et précoces. Il faudra également renforcer la surveillance sanitaire des peuplements. En effet, l’augmentation des températures, notamment hivernales, favorisera le développement de certains parasites. Ainsi l’encre du chêne, présente dans le Sud-Ouest de la France, pourrait gagner notre région. L’oïdium, ce feutrage blanc présent sur les feuilles de chênes, devrait se développer avec la hausse des températures.

De nouveaux enjeux se présentent aujourd’hui au sylviculteur ; il doit adapter sa gestion au changement climatique malgré les incertitudes concernant l’ampleur et les conséquences réelles du phénomène.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel Mounier
AMVFSC
3ème trimestre 2008 63 Environnement
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