- Le tiers des bois commercialisés en France est destiné à la trituration -

En 2003, environ 36 millions de m3 de bois issus des forêts françaises ont été commercialisés. Un tiers concerne des bois de trituration, c’est-à-dire des bois transformés dans des usines de pâte à papier ou de panneaux. Les bois feuillus mobilisés en trituration représentent 7 millions de m3 et les résineux 5 millions de m3.

L’approvisionnement de ces industries est assuré pour les deux tiers sous forme de rondins provenant directement des forêts. Les produits connexes de scieries constituent le tiers restant des approvisionnements.

En France, 17 usines produisent annuellement 12,4 millions de tonnes de pâte à papier et cartons (y compris le papier recyclé). Quant aux entreprises de fabrication de panneaux de bois, elles sont au nombre de 24 pour une production de 4,8 millions de m3.

Pour faire du papier on utilise les fibres du bois, alors que l’aggloméré est composé de copeaux de bois déchiqueté.
Pour faire du papier on utilise les fibres du bois, alors que l’aggloméré est composé de copeaux de bois déchiqueté.

Dans les forêts de Poitou-Charentes, ce sont 180 000 tonnes de bois de trituration qui ont été exploitées en 2002. Avec 30 % de la récolte régionale totale, nous nous situons dans la moyenne nationale. Les produits connexes s’ajoutant à ce volume ont représenté près de 151 000 tonnes. Ces bois ont été expédiés principalement vers 4 usines : papeteries de SAILLAT (87), FACTURE (33), ST GAUDENS (31), et une usine de panneaux de CHATELLERAULT (86).

A titre d’exemple, l’usine de SAILLAT consomme chaque année environ 1,5 million de tonnes de bois, dont 900 000 tonnes de rondins, principalement feuillus. C’est le Comptoir des Bois de Brive (C.B.B.) qui est chargé d’assurer l’approvisionnement de cette papeterie. Il mobilise par ses propres moyens 200 000 tonnes de bois, plus du triple étant livré par l’intermédiaire de nombreux exploitants forestiers, avec qui le C.B.B. signe des contrats annuels de livraison.

La mobilisation de ces quantités importantes de bois ne va pas sans poser quelques problèmes : le morcellement de la propriété forestière est l’un d’entre eux. Un article paru dans la revue « Forêts de France » en mars 2004* indique qu’une papeterie absorbe jusqu’à 2 000 coupes différentes par an pour son approvisionnement en rondins !

Par ailleurs, le prix d’achat de cette catégorie de bois par les usines est un sujet régulier de mécontentement pour les propriétaires comme pour les exploitants. A tel point que certains préfèrent abandonner la trituration sur le parterre de coupe. Pourtant, l’évacuation des petits bois contribue à diminuer le coût des reboisements et permet de minimiser les problèmes phytosanitaires. Même si leur valeur moyenne sur pied n’est que de 0 à 2 € la tonne, le propriétaire a donc tout intérêt à exiger, lors de l’exploitation, l’enlèvement des bois de trituration. Cette remarque vaut aussi pour la réalisation des premières éclaircies. Grosses productrices de cette qualité de bois et de ce fait peu rentables, elles sont pourtant indispensables à la production ultérieure de bois d’œuvre.

* Forêts de France n° 471 – mars 2004 – dossier filière papier – bois français.

Sources : SCEES/AGRESTE – AFOCEL 2003 Enquête de branches SERFOB 2002

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Yves Lacouture
CRPF
2ème trimestre 2005 50 Economique
Dans la même rubrique
  1. Le séchage est indispensable à la mise en œuvre du bois
  2. Le prix des forêts a progressé entre 2000 et 2006
  3. La filière bois bûche se professionnalise
  4. Regain d’intérêt pour une énergie renouvelable bon marché : le bois
  5. Les coopératives se regroupent pour s’adapter au marché
  6. Bien choisir sa méthode de vente de bois
  7. Le tiers des bois commercialisés en France est destiné à la trituration
  8. La vente bord de route permet de valoriser les bois grâce au tri
  9. De nombreux paramètres influent sur le prix d’achat d’une coupe de bois d’œuvre
  10. Les beaux jours du piquet de châtaignier et de robinier
  11. La filière bois constitue un atout majeur pour la région Poitou-Charentes
  12. Des plans de massifs pour dynamiser la gestion forestière des petites propriétés
  13. Un contrat de vente écrit pour éviter les contentieux
  14. Inflation sur les travaux
  15. La valeur d’une forêt ne dépend pas que du sol et du peuplement
  16. L’ECIF : un nouvel outil de restructuration foncière basé sur le volontariat
  17. Le boisement contribue à protéger la ressource en eau
  18. Toute vente de bois doit être suivie de près
  19. Le chauffage aux granulés de bois fait son entrée en France
  20. L’ECOCERTIFICATION, le prix à payer pour vendre ses bois.
  21. Du concentré de chêne pour bonifier les eaux de vie
  22. Un gisement de bois régional important : les produits connexes des industries
  23. Un taux réduit de T.V.A. accessible à tous
  24. Le peuplier, emballage propre
  25. L’abattage du châtaignier se mécanise
  26. Une embellie sur le marché du chêne
  27. Tonnellerie : des fûts en manque de chênes régionaux
  28. Baisse de la TVA à 5,5 % pour les travaux forestiers
  29. Commercialisation et reconstitution : l’union fait la force
  30. Seules les forêts assurées seront indemnisées
  31. L’élagage du pin maritime est payant
  32. Mécanisation : une machine abat le travail de six bûcherons
  33. Modes de vente : mode d’emploi
  34. Des premiers résultats encourageants pour les Plans de Développement de Massif
  35. L’éclaircie de taillis : un investissement qui rapporte
  36. La Région finance le boisement des périmètres de captage d’eau potable
  37. En populiculture, la valeur n’attend plus le nombre des années
  38. Les 24 millions d’arbres replantés seront à couper d’ici quarante ans
  39. Le bois nouveau pétrole vert ?
  40. Deux nouvelles usines de déroulage de peuplier pour le grand Sud-Ouest
  41. Un film au service de l’éclaircie de taillis
  42. La surface des forêts françaises commence à diminuer
  43. Des reboisements de qualité mais plus économiques
  44. L’industrie du châtaignier s’adapte aux nouveaux marchés
  45. La comparaison économique entre régénération naturelle et artificielle s’avère délicate
  46. La filière peuplier menacée en Poitou-Charentes
  47. Développer les usages du bois sans augmenter les importations
  48. Marais poitevin : le peuplier sur la sellette
  49. Le chauffage aux bûches doit se moderniser pour mériter le titre d’énergie propre
  50. Tempête et incendie : un nouveau contrat d’assurance pour les sylviculteurs
  51. La chasse peut améliorer les revenus forestiers
  52. Une étude confirme l’efficacité des plans simples de gestion
  53. La ressource forestière régionale ne couvre pas les besoins de l’industrie
  54. Feuillus précieux : des marchés réduits, une demande fluctuante
  55. La filière peuplier aide financièrement la replantation
  56. Vente de bois : une cotisation obligatoire pour l’interprofession forestière
  57. L’essor du bois énergie sera-t-il compatible avec la ressource ?
  58. Les plants de peuplier soumis à redevance
  59. La Cotisation Volontaire Obligatoire : quelques précisions importantes
  60. Après les résineux, l’exploitation mécanisée se développe dans les taillis
  61. La tonnellerie charentaise en tête de la production mondiale
  62. Cuber et estimer une coupe est un vrai métier
  63. Des aides financières localisées pour améliorer les peuplements feuillus
  64. Nouveaux financements privés expérimentaux pour relancer la populiculture
  65. Pas de populiculture rentable sans élagage
  66. 2000 chênes pour faire renaître un bateau