- Les lisières aussi doivent être gérées -

La lisière d’un peuplement forestier constitue la transition vers le milieu environnant. De l’extérieur vers l’intérieur du bois, elle est formée idéalement, sur une largeur minimale de six mètres, d’un ourlet herbeux, puis d’une strate arbustive et enfin d’une strate arborée.

Schéma lisière
Schéma lisière

L’intérêt d’une telle lisière étagée est multiple. La faune et la flore y sont très diversifiées, notamment grâce à l’éclairement latéral. De nombreux insectes et oiseaux prédateurs des parasites forestiers y trouvent refuge. La présence d’arbustes et d’un ourlet herbeux améliore la nourriture des cervidés et diminue ainsi leur pression sur le reste du massif. La lisière limite la pénétration des promeneurs dans les parcelles boisées et restreint ainsi les risques d’incendie et de dépôt d’ordures. Suffisamment perméable, elle protège les peuplements forestiers de l’effet mécanique et desséchant du vent. Elle peut permettre d’envisager sur une largeur égale à la hauteur du peuplement une sylviculture irrégulière d’essences précieuses demandant à la fois lumière et gainage. Les bordures des pare-feux ou des aires temporaires de dépôt pour les grumes le long des pistes peuvent parfaitement remplir toutes les fonctions d’une lisière.

Malheureusement, l’ourlet herbeux est souvent absent ou insuffisamment large en bordure de terres cultivées. Il ne remplit alors plus son rôle de transition entre le domaine agricole et le milieu forestier.

La lisière doit être entretenue pour continuer à jouer pleinement son rôle. Faucher seulement la partie extérieure de l’ourlet herbacé permet le développement naturel d’arbustes sur la partie non travaillée. Réalisée en fin d’été, cette opération ne nuit pas à la reproduction de la faune et de la flore. La fauche peut être partielle, par moitié tous les deux ans, pour favoriser la reproduction des plantes bisannuelles. De fortes éclaircies en bordure augmentent l’éclairement latéral et favorisent l’apparition de végétaux arbustifs ou herbacés. Il ne faut donc pas hésiter à enlever 50 % des tiges en bordure des peuplements forestiers lors des coupes d’éclaircie.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
2ème trimestre 2010 70 Environnement
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