- Les petits animaux participent à la régénération de la forêt -

La petite faune, oiseaux comme mammifères, exerce une action déterminante dans la dissémination des graines forestières.

Les plantes dites zoochores ont besoin des animaux pour que leurs graines soient disséminées. Citons par exemple les hêtres, les chênes, mais aussi les alisiers, merisiers, (Prunus avium veut d’ailleurs dire cerisier des oiseaux) ou cormiers. Pour attirer les animaux, ces trois dernières essences produisent des graines entourées d’un tissu pulpeux ou très énergétique. Leurs consommateurs, appelés frugivores, sont ainsi fortement incités à s’en nourrir. Ces derniers avalent le fruit, digèrent la pulpe, et au final restituent les graines dans leurs déjections.

En termes de disséminateur, on ne peut pas oublier l’écureuil roux qui se nourrit beaucoup de graines. Il descend fréquemment à terre pour constituer ses cachettes de nourriture. Les écureuils adultes repèrent à l’odorat les graines qu’ils ont enfouis précautionneusement en prévision de l’hiver. Mais il arrive régulièrement qu’ils oublient l’endroit exact où ils ont amassé leur butin ! Ces caches légèrement creusées dans le sol vont donner lieu au printemps suivant à des germinations bienvenues.

L'écureuil roux est une espèce protégée.

Le comportement de stockage des semences par l’écureuil est très important pour le renouvellement de nombreuses essences : c’est le cas des résineux, du hêtre, du noisetier et du chêne dans une moindre mesure. L’écureuil mange également beaucoup de champignons y compris les souterrains (truffes et espèces similaires). Il participe alors à la dissémination de ces organismes nécessaires au bon fonctionnement des sols forestiers et à la croissance des arbres, en favorisant la dispersion des spores.

Autre grand disséminateur : le Geai des chênes. En moyenne, 4 600 glands sont annuellement dispersés par cet oiseau. L’INRA estime que la régénération naturelle du chêne serait composée à 56 % de glands enterrés par celui-ci. Quant au Renard, il intervient à deux niveaux. Il dissémine dans ses crottes nombre de graines de fruitiers et il consomme chaque année près de 6 000 rongeurs destructeurs de semences. Le Blaireau dont l’alimentation est composée de 30 % de fruits et de baies sauvages assure lui aussi un rôle de propagation.

Parmi les oiseaux, les fauvettes, les verdiers, les pigeons, les turdidés (famille des grives et des merles), sont également des acteurs efficaces de dissémination des graines.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
A. PERSUY - A. ROUSSET
CRPF
Année 2015 89 Environnement
Dans la même rubrique
  1. Les insectes contribuent à l’équilibre des écosystèmes forestiers
  2. La gestion forestière doit tenir compte des conséquences de la sécheresse
  3. A chaque forêt sa garantie de gestion durable
  4. Le chêne tauzin, un intérêt plus patrimonial qu’économique
  5. Les chauves-souris contribuent à la bonne santé des forêts
  6. La gestion durable dépasse la simple prise en compte des fonctions environnementales de la forêt
  7. La forêt cultivée contre l’effet de serre
  8. Le râle des genets
  9. Arbres têtards : tirés de l’oubli pour leur rôle environnemental
  10. Les atouts des résineux peuvent être utiles en sol pauvre
  11. Les orchidées forestières
  12. Le poids de l’histoire dans la biodiversité
  13. Les landes, des milieux riches à conserver
  14. Des prescriptions sylvicoles pour le site pilote Natura 2000 du "Val de Charente et Seugnes"
  15. Chaque forestier doit connaître la maladie de Lyme pour s’en protéger
  16. Climat : les forêts peuvent atténuer l’effet de serre
  17. La deuxième vies des arbres morts
  18. LIERRE ET RONCES pour une forêt vivante et productive
  19. Le Bois Raméal Fragmenté redonne vie aux sols
  20. Vers la fin de l’utilisation des produits chimiques en forêt…
  21. Le réchauffement climatique remet en cause la gestion des chênaies
  22. Une peupleraie à diversifier pour un meilleur état sanitaire
  23. Des vieux arbres pour renforcer la biodiversité
  24. Les arbres : un besoin vital pour les abeilles
  25. Populiculture et respect de l’environnement sont compatibles
  26. Bombyx disparate : plus de peur que de mal
  27. Les lisières aussi doivent être gérées
  28. Le changement climatique modifiera l’activité des pathogènes forestiers
  29. Une taxe sur les permis de construire protège les espaces naturels
  30. Les plantations mélangées sont délicates à gérer
  31. La forêt, dernier refuge des amphibiens.
  32. La régénération naturelle potentiellement favorable à la biodiversité
  33. Des espèces invasives difficiles à contenir
  34. Le bois mort participe à la santé des forêts
  35. Un indice pour évaluer la biodiversité des peuplements forestiers
  36. Le forestier participe à la sauvegarde des loutres et visons
  37. Quelques règles sylvicoles pour limiter les dégâts de cervidés.
  38. Gestionnaire forestier et oiseaux, des bénéfices réciproques
  39. Les incendies perturbent l’écosystème forestier
  40. Réglementations : des procédures simplifiées avec le plan simple de gestion
  41. Filière robinier : il est nécessaire d’augmenter la ressource
  42. Bioclimsol : un outil pour intégrer le climat au diagnostic forestier
  43. Des plans pour mieux protéger les forêts contre le feu
  44. L’exportation des rémanents appauvrit souvent les sols
  45. Les petits animaux participent à la régénération de la forêt
  46. Les constructeurs de la LGV proposent des aides en faveur de la biodiversité forestière
  47. La maladie des bandes rouges compromet l’avenir du pin laricio
  48. Le difficile combat contre les espèces envahissantes des boisements alluviaux
  49. L’inquiétante progression de la Chalarose du Frêne
  50. Limiter les tassements du sol en canalisant le passage des engins
  51. 2011, Année internationale des forêts.