- Les peupleraies sont menacées par le puceron lanigère -

Le puceron lanigère qui vit en colonie sur les troncs peut causer des dommages importants dans les peupleraies. Cet insecte minuscule est originaire d’Europe centrale. Il s’est ensuite développé dans le bassin méditerranéen, puis en Italie et en Espagne depuis 1930. En France, son apparition date de 1995 dans le sud-ouest puis 2002 en Bourgogne. Dans ces régions, il n’existe plus de peuplements sensibles indemnes d’attaques. Récemment détecté en Pays de Loire, il vient d’être repéré dans le nord de la Vienne lors de l’hiver 2005-2006.

C’est en se nourrissant à travers l’écorce grâce à un long stylet, qu’il injecte des sécrétions responsables des dégâts. Sous forme de filaments blanchâtres, celles-ci recouvrent l’abdomen des pucerons et leur donnent un aspect laineux, ce qui facilite leur repérage. Au printemps, les premières colonies de pucerons sont difficilement observables car situées en général dans le tiers supérieur de l’arbre. Par la suite, il est plus aisé d’observer le feutrage blanchâtre le long du tronc, notamment dans les crevasses de l’écorce.

Feutrage blanchâtre et coulures noires sont caractéristiques de la présence du puceron lanigère.
Feutrage blanchâtre et coulures noires sont caractéristiques de la présence du puceron lanigère.

Feutrage blanchâtre du puceron lanigère.

Les peupliers euraméricains semblent être les plus sensibles, en particulier le I. 214, mais également I. 45-51, Triplo et Dorskamp.

Les attaques sont d’autant plus fortes que les terrains sont riches. Les pucerons sont présents dès que les arbres atteignent 80 cm de circonférence, ce qui correspond à la fermeture des peuplements. On constate que les lisières sont épargnées.

Les dommages causés aux peupliers sont observables l’année qui suit une attaque. Les premiers dégâts apparaissent sous la forme de pertes d’élasticité de l’écorce, qui se craquelle en « peau de lézard ». On observe ensuite des nécroses, accompagnées d’écoulements noirâtres. Les arbres deviennent fragiles aux coups de vent. Des mortalités peuvent intervenir selon l’intensité des dommages, dès le printemps qui suit l’attaque.

Les traitements curatifs chimiques ne constituent pas pour le moment une réponse satisfaisante. Outre des difficultés de mise en oeuvre et une efficacité relative, ils sont peu sélectifs de la faune locale.

En termes de prévention, il est conseillé de ne pas planter de grandes surfaces avec des cultivars sensibles et de favoriser si possible les peupliers deltoïdes et interaméricains, plus tolérants. La plantation à des densités plus faibles retarde les périodes à risques. Enfin, même si l’âge d’exploitabilité est deux fois plus important, pourquoi ne pas penser dans certains cas à remplacer les peupliers par une aulnaie ou une frênaie.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Eric Sinou
CRPF
1er trimestre 2007 57 Essences
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