- Les utilisateurs de pesticides doivent justifier d’un certificat -

A la suite du Grenelle de l’environnement, l’Etat a mis en place une réglementation concernant l’utilisation des produits phytosanitaires autres que ceux homologués pour les parcs et jardins. Dénommé « ECOPHYTO 2018 », sa mise en œuvre est destinée à réduire progressivement le recours aux produits chimiques que sont les herbicides, insecticides et fongicides. L’un des dispositifs de cette mesure est le « certificat individuel produits phytopharmaceutiques » dénommé CERTIPHYTO, qui habilite les détenteurs à acheter et /ou utiliser ces produits. Les propriétaires forestiers ou salariés du secteur, les distributeurs ou conseillers, les agents des collectivités sont tous concernés par cette nouvelle réglementation.

Actuellement, pour acheter ces produits, il faut justifier de la qualité professionnelle de l’activité. La présentation d’un document officiel de gestion durable est suffisante pour les propriétaires forestiers. A compter du 1er octobre 2013, les personnels des entreprises de distribution, de conseil ou prestataires de services devront être titulaires du Certiphyto. Ces entreprises seront elles-mêmes soumises à un agrément. Pour tous les propriétaires forestiers opérant pour leur propre compte, de même que pour leurs salariés, le certificat sera obligatoire à partir du 1er octobre 2014.

Deux niveaux de certification existent. Ils concernent indifféremment le monde agricole, les forestiers ainsi que les collectivités territoriales. Le premier, dénommé « décideur en exploitation agricole » permet l’acquisition des produits, leur utilisation et l’organisation de traitements. Le second, intitulé « opérateur en exploitation agricole » est suffisant pour les personnes chargées de la simple exécution des consignes de traitement.

Pour obtenir ces certificats, il existe trois solutions. La première consiste à suivre une formation de deux jours qui est axée sur l’usage et la règlementation des produits phytosanitaires, la prévention des risques pour l’homme et le milieu, les nouvelles pratiques professionnelles et les solutions alternatives. Dans la deuxième solution, le candidat doit répondre avec succès à une épreuve écrite. Ce test de vingt questions se présente sous la forme d’un questionnaire à choix multiples. La dernière possibilité est un panachage des deux premières, à savoir une journée de formation suivie d’un test. Dans ce dernier cas, si l’épreuve n’est pas réussie, une journée de formation complémentaire est obligatoire.

Ce certificat a une validité de 10 ans. La liste des organismes habilités à la mise en œuvre de ces formations et tests est disponible dans les directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Leur coût peut être pris en charge par VIVEA pour les non salariés cotisants à la Mutualité Sociale Agricole et par le FAFSEA pour les salariés de l’agriculture.

On peut souvent éviter l’emploi de phytocides !
Les traitements chimiques ne sont pas les seules réponses à nos besoins sylvicoles. La MGVF (Mission de la Gestion de la Végétation en Forêt), un service de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) travaille spécifiquement sur le développement de méthodes alternatives pour maîtriser la végétation concurrente. Ces domaines de recherche sont, entre autres, les travaux de dévitalisation, le débroussaillement ou l’entretien des jeunes peuplements. Les travaux mécaniques peuvent apporter de nombreuses solutions. Il faut changer nos façons de travailler. Plutôt que des dévitalisations de souches, on peut intervenir en destruction mécanique par rognage. Sur les jeunes boisements, faisons des préparations de sol plus soignées pour diminuer ensuite les traitements curatifs. Les débroussaillements peuvent être faits par broyage. Ces travaux sont plus onéreux qu’une pulvérisation de désherbant, cependant la destruction physique de la végétation facilite la circulation dans les peuplements et permettra de réduire les frais d’entretiens ultérieurs. Informations complémentaires sur l’utilisation des phytocides dans le Bois et Forêt n° 72.
VIVEA : Fonds pour la formation des entrepreneurs du Vivant.
FAFSEA : Fonds Assurance Formation Salariés Exploitations Agricoles.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
JM. Mounier et A. Rousset
AMVF-CRPF
3ème trimestre 2013 83 Juridique
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