- La ressource forestière régionale ne couvre pas les besoins de l’industrie -

La forêt en Poitou-Charentes couvre près de 400 000 hectares(1). Ceci représente un taux de boisement de 16 % contre 30 % au niveau national. Bien que la forêt soit composée à plus de 85 % de peuplements feuillus, les scieries régionales travaillent à 80 % avec des résineux(2). A l’évidence, le rayon d’approvisionnement des industries locales dépasse largement les frontières régionales.

L’IGN évalue l’accroissement naturel des forêts à 2,3 millions de m3 chaque année en Poitou-Charentes. La productivité des forêts régionales, qui atteint 6,1 m3 par hectare et par an, est légèrement supérieure au chiffre national. En revanche, comme en Aquitaine, les tempêtes de 1999 et 2009 ont détruit une grande partie des peuplements les plus âgés. Ainsi, le volume moyen de 126 m3 de bois par hectare est inférieur aux 160 à 190 m3 des régions voisines moins sinistrées. Enfin, notre région se caractérise par une forte tradition de gestion des taillis à vocation bois de chauffage. C’est la plus importante récolte de bois en Poitou-Charentes. Le volume prélevé est délicat à évaluer, car il échappe en grande partie aux circuits commerciaux identifiés.

Les chiffres fournis par la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt indiquent que la récolte totale de bois d’œuvre en Poitou-Charentes avoisinait les 700 000 m3 dans les années 1990. Celle-ci a connu une brève augmentation suite à la tempête de 1999, pour ensuite diminuer régulièrement jusqu’à 300 000 m3 en 2011. Cette chute pourrait être imputée à la raréfaction de la ressource locale, conjuguée aux difficultés économiques.

La filière énergie concurrence de plus en plus la filière papeterie au niveau de la ressource.
La filière énergie concurrence de plus en plus la filière papeterie au niveau de la ressource.

La récolte de bois d’industrie, destiné à la pâte à papier ou aux panneaux de particules, a légèrement augmenté sur la même période pour atteindre 210 000 m3 en 2011. A cela il faut ajouter le volume très important de bois de chauffage, estimé entre 1,5 et 2 millions de stères annuels. Au final, il semble qu’une part très importante de la production annuelle des forêts régionales reste malgré tout mobilisée. L’AREC (Agence Régionale d’Evaluation Environnement et Climat) mène actuellement une étude pour mieux appréhender les prélèvements réels et les ressources en bois restant disponibles.

Clairement, la récolte régionale de bois d’œuvre de 300 000 m3 (200 000 m3 feuillus et 100 000 m3 résineux) ne permet pas de couvrir les 850 000 m3 consommés par les scieries et unités de déroulage de Poitou-Charentes. Plus précisément, la récolte régionale de bois d’œuvre représente l’équivalent de 70 % des besoins en feuillus mais seulement 18 % en résineux. Notons qu’en matière de peuplier, les besoins des unités de déroulage sont aujourd’hui couverts à 80 % par la récolte locale. Cette essence n’occupe que 4 % de la surface forestière, mais fournit 65 % du bois d’œuvre feuillu récolté.

Tous ces éléments confirment l’importance des flux de bois avec les régions limitrophes. Les unités de transformation raisonnent leurs approvisionnements non pas au niveau régional, mais au niveau inter régional. C’est à cette échelle que doivent être conduites les politiques de promotion des circuits courts et de valorisation des essences locales.

(1) selon l’Institut National de l’Information Géographique et Forestière (IGN). (2) Données AGRESTE 2011 du ministère en charge de l’agriculture et de la forêt.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Arnaud GUYON
CRPF
1er trimestre 2014 85 Economique
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