- Pas de plantation performante sans plants de qualité -

Le prix des plants représente souvent moins du tiers du coût d’un reboisement. Payés entre 0,5 € et 5 € chez un pépiniériste forestier selon l’essence, le type de plant et la quantité achetée, leur qualité est primordiale pour l’avenir des peuplements. Vouloir économiser quelques centimes par plant peut compromettre l’avenir du boisement de façon définitive.

Pour les petites plantations, certains sylviculteurs sont parfois tentés de récupérer en forêt des plants issus de semis naturels. C’est généralement une mauvaise idée car ceux-ci ont souvent végété plusieurs années sous le couvert forestier et auront après replantation une dynamique de croissance faible. Il faut également éviter de se fournir chez des pépiniéristes pour parcs et jardins. Ils vendent majoritairement des plants âgés, à partie aérienne bien développée attrayante pour une clientèle non professionnelle. Mais ces arbres ont la plupart du temps un système racinaire insuffisant qui ne leur permettra ensuite qu’un développement assez lent.

Les pépiniéristes forestiers proposent presque tous deux types de plants : en motte ou en racines nues. Les feuillus en racines nues sont préférables car ils sont moins chers, moins encombrants et moins lourds à manipuler. Leur reprise est généralement bonne à condition de prendre certaines précautions entre la sortie de la pépinière et leur plantation en forêt. Un plant arraché est aussi vulnérable qu’un poisson rouge hors de son bocal. Ses racines doivent rester à l’air et à la lumière le moins longtemps possible.

Tout transport doit être fait dans des sacs opaques et les plants doivent être mis en jauge (racines recouvertes de terre ou de sable) dès leur réception et jusqu’au jour de la plantation.

La canne à planter facilite la plantation de petits plants en mottes.
La canne à planter facilite la plantation de petits plants en mottes.

Les résineux sont généralement plantés en mottes, en particulier les pins qui ont des difficultés de reprise en racines nues. La réglementation impose un volume minimum des mottes, par exemple 100 cm3 pour les pins et 200 cm3 pour les cèdres. Si le stockage de ces plants est plus simple que les racines nues, il ne faut pas les laisser se dessécher en les arrosant bien avant leur mise en terre.

L’âge des plants est important, les forestiers utilisent des sujets de 1 ou 2 ans et même 6 mois pour les pins en motte. Un individu plus âgé aura plus de difficultés de reprise et d’adaptation à son nouvel environnement. L’âge est codifié dans les catalogues des pépiniéristes : un plant 2-0 est un plant de deux ans, alors qu’un plant 1+1 a le même âge mais a été repiqué à un an. Quant aux dimensions des plants autorisés à la vente, elles sont fixées par arrêté ministériel qui précise par exemple qu’un chêne de la catégorie 30-50 cm doit avoir un diamètre au collet d’au minimum 5 mm et un âge de 2 ans maximum. Ce texte définit pour les 59 espèces forestières réglementées, les caractéristiques exigées pour les plants commercialisables.

Outre leurs dimensions, il faut également veiller aux qualités génétiques des plants. Une « carte d’identité » doit être fournie à la vente, qui précise la région de provenance et l’origine des graines. Une couleur d’étiquette est associée à chaque catégorie : jaune si seule la région d’origine est connue, verte pour des plants issus de graines récoltées dans des peuplements classés, rose si celles-ci viennent de vergers à graines d’arbres sélectionnés et bleue si les plants sont issus de graines testées et aux qualités prouvées.

On doit également veiller à l’aspect et aux défauts éventuels visibles lors de la réception : pourritures, attaques d’insectes, colorations suspectes, systèmes racinaires déformés, sont autant de motifs de refus de tout ou partie d’un lot lors de la livraison.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Marc DEMENE
CRPF
Année 2016 94 Technique
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