- Pin maritime et feuillus : une cohabitation bénéfique -

Durant la deuxième moitié du XXème siècle, la monoculture du Pin maritime était la règle en forêt de production. Depuis une quinzaine d’années, la modification des règles de financement a permis une meilleure prise en compte de l’environnement. Les forestiers peuvent ainsi réserver 20 à 30% des surfaces au titre de la diversification en conservant par exemple des îlots feuillus ou en préservant les zones humides.

Les sols acides, sableux ou argileux conviennent bien au Pin maritime, alors que les feuillus ne peuvent y avoir un rôle primordial de production. Par contre, outre leur intérêt paysager indéniable, les feuillus contribuent à améliorer la qualité de l’humus et augmentent la biodiversité des parcelles grâce à la présence d’espèces végétales et animales plus nombreuses et variées.

Les boisements à base de chênes tauzin et pédonculé, de châtaigniers et autres bouleaux, constituent également des refuges pour les ennemis naturels de certains prédateurs du Pin maritime. Les vieux chênes offrent ainsi des sites de nidification pour les huppes ou les mésanges, gros consommateurs de chenilles processionnaires et de pyrales.

On constate également qu’en présence d’une lisière feuillue aussi haute que les pins, le nombre de nids de processionnaire est toujours moins important. Ce serait l’effet d’une barrière physique. De même, l’Institut National de la Recherche Agronomique a constaté que les feuillus proches des Pins maritimes abritent des cortèges de parasites de la chenille de la pyrale du tronc.

Cependant, la présence de ces feuillus ne doit pas trop entraver la réalisation des opérations sylvicoles de plantation, d’entretien et d’éclaircies. C’est pourquoi ils doivent être situés en lisière de parcelles ou en bosquets et non pas à l’état d’arbres isolés répartis au sein de la forêt de production. En toute logique, le sylviculteur cherchera d’abord à préserver l’existant en valorisant les accrus, préservant les gros arbres feuillus, les ripisylves… Il cherchera à maintenir les feuillus lors des interventions sylvicoles telles que les éclaircies… Au besoin, il pourra même envisager de planter ces îlots.

En Poitou-Charentes, l’Inventaire Forestier National indique que 44% des peuplements à Pin maritime dominant sont en fait mélangés aux feuillus.
Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
André thillou
CRPF
2ème trimestre 2012 78 Essences