- Pistes, routes et places de dépôt sont indispensables pour la sortie des bois -

Un bon maillage de la desserte forestière est indispensable pour la gestion et l’exploitation des parcelles. Cependant ces infrastructures sont souvent insuffisantes dans les forêts privées.

Le développement de l’exploitation mécanisée, le gabarit actuel et le poids en charge des engins de débardage ou des grumiers nécessitent des aménagements spécifiques. Ceux-ci peuvent être classés en trois catégories : pistes et chemins d’exploitation, routes forestières et enfin places de dépôt de bois installées si possible à moins de 500 mètres des coupes.

La règlementation interdit aux camions de dépasser 57 tonnes de poids total roulant pour six essieux, soit environ 55 stères de chargement.
La règlementation interdit aux camions de dépasser 57 tonnes de poids total roulant pour six essieux, soit environ 55 stères de chargement.

Les pistes de débardage sont établies en terrain naturel. Leur largeur minimum doit être de 4 mètres, mais la largeur souhaitable est de 6 mètres. Les chemins trop étroits ne bénéficient pas d’un bon ensoleillement ce qui limite leur assèchement et réduit leur pérennité. Ces pistes doivent être dessouchées et légèrement bombées afin de faciliter l’évacuation des eaux pluviales. La mise en place de passages busés est indispensable dans les points bas afin de favoriser les écoulements d’eau. La densité optimale de ces accès doit être de 2,5 kilomètres pour 100 hectares. Le prix moyen pour la création de ces pistes est compris entre 5,5 et 8 € hors taxes le mètre linéaire. De plus, il faut compter environ 500 € hors taxes pour un passage busé de 4,8 m avec une tête de buse côté amont.

Les routes forestières quant à elles, doivent supporter le poids des camions grumiers qui avoisine souvent les 50 tonnes. D’une emprise minimum de 6 mètres, leur bande de roulement doit avoir une largeur comprise entre 3,5 mètres et 4 mètres. Un empierrement est indispensable afin de pouvoir supporter ces charges en période humide. Sur un terrain sableux, la norme est de 30 cm d’épaisseur de matériaux pierreux après compactage. Sur terrain argileux cet empierrement doit être de 40 cm. Un léger bombage et des fossés latéraux sont indispensables pour permettre l’évacuation de l’eau. De plus, dans les zones particulièrement fraîches, la mise en place d’un géotextile est souvent nécessaire. La réalisation de ces routes peut atteindre 50 000 € hors taxes le kilomètre. Lorsqu’une voie est sans issue, il faut réaliser une aire de retournement à son extrémité. A son entrée, une surlargeur de 10 à 12 mètres permet l’accès des camions en toute sécurité depuis les voies publiques. La densité optimale de routes forestières préconisée est de 1 km aux 100 hectares.

Les places de dépôt de bois permettent le chargement des grumiers. Le stockage de bois peut aussi se faire de part et d’autre des routes forestières. En leur absence, les aires de stockage peuvent être créées aux abords des voies publiques. En effet, la réglementation interdit de charger des camions depuis une route départementale sauf autorisation spécifique. Ces aménagements nécessitent l’empierrement d’accès de 40 à 50 mètres de longueur. Il faut compter 3 000 à 4 000 € par site.

Dans notre région et pour un particulier, l’État et l’Europe peuvent financer 40 % du montant des factures acquittées. Pour les groupements forestiers ce taux d’aide atteint 50 %. Il passe à 80 % pour les collectivités territoriales et les structures de regroupement. Le niveau plancher des dépenses éligibles est de 3 000 € hors taxes.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Jean-Michel MOUNIER
AMVF
> Année 2017 95 Technique
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