- Quelques règles sylvicoles pour limiter les dégâts de cervidés. -

Les cervidés (cerfs et chevreuils) font partie intégrante de l’écosystème forestier. Il est normal qu’ils y prélèvent leur nourriture et y inscrivent les marques de leur présence. Cependant, en surnombre, ils peuvent provoquer des dégâts importants. Si le plan de chasse reste le premier outil permettant d’assurer l’équilibre forêt-gibier, l’application de principes simples peut rendre la forêt moins sensible aux dégâts.

Ainsi, plus une forêt est variée, diversifiée en âges, essences et en milieux naturels, moins elle est sensible à la pression des cervidés, car elle offre plus de capacité alimentaire. Le propriétaire doit réaliser en temps et en heure les éclaircies de ses peuplements. Outre une meilleure croissance des arbres, ceci permet à une lumière diffuse de parvenir au sol, laissant aux arbustes et à l’herbe la possibilité de se développer. Les feuilles et bourgeons du sous-étage, le lierre, la ronce sont particulièrement appréciés. De la même manière, la végétation qui pousse sur les talus, bas-côtés de routes, layons, dans les clairières et lisières, contribue à nourrir la grande faune, soulageant les peuplements de production.

Une autre règle consiste à éviter les régénérations sur de petites surfaces car elles concentrent les attaques. De plus, lorsqu’on introduit des essences attractives telles que merisier, douglas ou pin taeda, une protection des plants s’avère souvent indispensable.

Enfin, il est possible de tirer parti des protections naturelles lors des régénérations. Par exemple, les rémanents d’exploitation seront disposés sur les souches : ils forment d’excellents obstacles, qui limitent la progression des animaux dans les parcelles et donc l’accès aux rejets. De la même manière, les repousses naturelles gainent et protègent les plants tout en constituant une source d’alimentation pour les cervidés. Attention toutefois à ce qu’elles n’étouffent pas l’arbre à protéger.

Le sous-étage est une source de nourriture pour la grande faune.
Le sous-étage est une source de nourriture pour la grande faune.

Toutes ces règles simples ne sont efficaces que lorsque les effectifs de grand gibier restent dans des limites raisonnables. Que faire lorsque l’on dénombre trente chevreuils aux cent hectares ? Ceci signifie que le plan de chasse, principal outil de l’équilibre sylvo-cynégétique, doit préalablement avoir rempli son rôle de régulation.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
A. PERSUY - A. GUYON
CRPF
2ème trimestre 2013 82 Environnement
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