- Reboisements : une activité en baisse pour les entreprises de travaux forestiers -

A. MOREAU et R. ANGO Alain Moreau (56 ans) et Rémi Ango (33 ans) se sont associés pour reprendre en 2016 la SARL Wibaux, suite au départ en retraite de son gérant. Cette e ntreprise de travaux forestiers est basée à Châtellerault. Alain Moreau était salarié de l’entreprise depuis 20 ans. Rémi Ango y fut apprenti de 2000 à 2005.

Bois et Forêts : Quel est le domaine d’activité de votre entreprise ?

A. Moreau et R. Ango : Nous avons choisi de conserver toutes les activités de l’entreprise Wibaux. Ce sont toutes les prestations liées au reboisement : travail du sol, plantations, entretiens et élagages. Nous n’effectuons pas de traitements chimiques : d’une part nous n’avons pas les qualifications Certiphyto exigées et d’autre part nous avons estimé que l’avenir ne favorisera pas ce type d’activité. Nous disposons du matériel racheté à l’entreprise : 2 tracteurs, un gyrobroyeur, un cover-crop forestier, une planteuse et une tarière à peupliers. Sauf exception, nous ne réalisons pas les travaux de bûcheronnage-abattage. Les deux tiers de notre chiffre d’affaires proviennent de travaux de boisement (semis et plantations), soit entre 100 à 150 ha par an avec les plantations de haies.

B. & F. : A quels problèmes êtes-vous le plus souvent confrontés ?

A. Moreau et R. Ango : Pour nous, le plus gros problème est la diminution de la demande en matière de reboisement. Notre clientèle subit la raréfaction des subventions publiques, l’obligation de protéger à grands frais les plantations contre les animaux comme les cerfs ou les chevreuils, ainsi que la stagnation ou la baisse du prix des bois pour certaines essences. Ces réalités freinent considérablement l’investissement forestier, toujours à long terme par définition. Pour le quotidien, nous n’avons pas de problèmes d’impayés, et les intempéries ne sont pas véritablement un souci pour nous. En cas de trop mauvais temps, nous trouvons toujours à nous occuper : entretien du matériel, travail de bureau, démarchage de clients, préparation de protections gibier…

B. & F. : Comment envisagez-vous le futur de l’entreprise ?

A. Moreau : Les récentes campagnes de boisements compensateurs suite à défrichement nous ont aidés à maintenir l’activité boisement et entretiens, mais nous savons que cette situation est temporaire. Nous envisageons donc de développer l’activité d’élagage en hauteur, fort de l’expérience de Rémi comme élagueur grimpeur pendant une dizaine d’années à la Ville de Paris. Nous souhaitons également développer notre activité de plantation de haies et de boqueteaux, entre autres avec l’association Prom’haies.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Bois et Forêts
CRPF
Année 2017 96 L’Interview
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