- Une étude confirme l’efficacité des plans simples de gestion -

Entre 2011 et 2012, le CRPF de Poitou-Charentes a conduit un travail d’enquête pour évaluer l’efficacité des plans simples de gestion. Ce travail, mené avec l’aide du ministère en charge de la forêt, s’est intéressé aux peuplements constitués majoritairement de chênes. Les résultats sont encourageants : ils montrent que plus des trois quarts des coupes planifiées dans les PSG étudiés sont réalisées, dans le respect des principes de gestion durable.

Le travail a débuté par l’analyse d’une centaine de PSG représentant plus de 2000 parcelles homogènes, soit 8500 hectares de peuplements à chêne dominant. On constate que les deux tiers des parcelles sont prévues en coupe durant le PSG. Le tiers restant concerne les peuplements ne nécessitant pas d’intervention pendant la période.

Au-delà des intentions de gestion, traduites dans le programme des coupes et travaux, nous avons souhaité savoir si les coupes prévues étaient réellement réalisées. Un questionnaire a été envoyé aux 100 propriétaires de départ et plus de 44 visites de terrain organisées. Le résultat est intéressant, puisque plus des ¾ des surfaces de coupes prévues sont réalisées. Les propriétaires et gestionnaires utilisent pleinement le délai de plus ou moins 5 ans prévu par le législateur. Le taux est de 44 % l’année de programmation, mais passe à 75 % si l’on tient compte de cette souplesse qui permet de s’adapter aux aléas liés à l’organisation et à la commercialisation des coupes.

De nombreuses éclaircies de taillis sont réalisées dans le cadre des plans simples de gestion (en jaune, repérage de la tige d’avenir).
De nombreuses éclaircies de taillis sont réalisées dans le cadre des plans simples de gestion (en jaune, repérage de la tige d’avenir).

Même si ce taux de réalisation est élevé, il n’en reste pas moins que 25 % des coupes ne sont pas réalisées. Tout d’abord, le taux de réalisation varie relativement peu en fonction du type de peuplement de départ, sauf pour les futaies régulières, avec un taux plus faible que la moyenne. Ceci confirme la difficulté des propriétaires et gestionnaires à renouveler ces peuplements.

Les propriétaires hésitent à renouveler les peuplements âgés (ici régénération naturelle).
Les propriétaires hésitent à renouveler les peuplements âgés (ici régénération naturelle).

Nous avons ensuite constaté que les parcelles les plus grandes présentent un taux de réalisation plus élevé. Ceci ne fait que confirmer l’importance de disposer de chantiers d’une taille suffisante pour réaliser des économies d’échelle. Autre élément, les propriétaires domiciliés en région affichent un taux de réalisation des coupes supérieur à la moyenne. Ceci montre bien qu’une présence de proximité, ou une bonne organisation, facilite le suivi des propriétés. Quel que soit le type de coupe, rase ou éclaircie, le taux de réalisation est relativement constant.

Les propriétaires qui n’ont pas réalisé leur programme d’intervention invoquent le manque de temps, des difficultés d’organisation (43 % des surfaces). L’argument économique n’est avancé que dans 9 % des cas. Ceci traduit bien le fait que les propriétaires, qui ne sont pas des professionnels de la forêt, sont parfois démunis pour organiser la gestion effective de leur forêt.

Pourtant, ils restent intimement attachés à leur forêt et à sa gestion. Les 44 visites de terrain ont permis d’effectuer un point d’étape de la gestion de leur forêt. Plusieurs d’entre-eux ont même relancé la réalisation de coupes qu’ils avaient différées, faute de temps pour s’en occuper.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Arnaud GUYON
CRPF
4ème trimestre 2013 84 Economique
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