- Une pénurie annoncée en bois de Pin maritime -

Le bois de Pin maritime reste une matière première peu coûteuse : les plus beaux arbres ne se vendent guère plus de 32 euros le mètre cube sur pied. Mais la pénurie annoncée pourrait entraîner une remontée des cours.

40 % de la récolte pin maritime est utilisée comme bois d’industrie (pâte à papier et panneaux), le bois d’œuvre représentant les 60 % restant. Les qualités secondaires (charpente, caissage et palette) totalisent 70 % des volumes sciés ; les bois de qualité, dont le déroulage, en représentent seulement 30 % (derniers chiffres 2008, avant la tempête Klaus).

Il faut dire que la demande en bois de qualité est aujourd’hui peu importante. Les industries utilisatrices sont moins nombreuses, les usages traditionnels sont moins appréciés par les consommateurs. Ainsi, le parquet et le lambris sont quelque peu passés de mode. L’utilisation en ameublement (meubles massifs) est peu développée et la demande en sciage menuiserie est faible. Même la consommation de bois de déroulage pour la fabrication de panneaux de contreplaqué est en baisse. Par contre l’utilisation comme bois-énergie se développe.

Les tempêtes ont durablement réduit le gisement en Pin maritime exploitable.
Les tempêtes ont durablement réduit le gisement en Pin maritime exploitable.

Mais les tempêtes ont mis à mal le gisement de Pin maritime. Une récente étude (FCBA*, IGN*, INRA* et CRPF Aquitaine) montre que l’approvisionnement de l’industrie sera problématique dans les années à venir. Le massif de Pin maritime situé en région Aquitaine et dans le sud des Charentes pourrait toutefois suffire à alimenter les utilisateurs de bois d’œuvre. Pour cela, les sylviculteurs devront exploiter les gros bois épargnés par les tempêtes. Et l’âge d’exploitation des futaies ne devra pas dépasser 45 ans pour les peuplements issus de semis ou 40 ans pour les plantations. Une augmentation des cours ne pourrait que favoriser la mobilisation de ces bois. La diminution des exportations de bois bruts faciliterait aussi l’approvisionnement des industries locales.

Par contre, le manque en bois d’industrie sera flagrant, et ceci dès 2016. La demande atteindra au minimum 4 millions de mètres cubes par an, pour une récolte d’environ la moitié si l’on applique le modèle actuel de sylviculture du Pin maritime.

Une seule solution est proposée par les auteurs de l’étude : une diminution de l’âge de la coupe rase. L’exploitation précoce des futaies à 25 ans permettrait d’équilibrer l’offre et la demande jusqu’en 2017. Ensuite, le déficit réapparaîtrait pour atteindre 1,2 millions de m3 dès 2018 et près de 2 millions à partir de 2021 ! Le problème de l’approvisionnement des industries reste donc entier : même en raccourcissant drastiquement les durées de production, la demande ne pourra être complètement satisfaite.

Le bois étant soumis à la loi de l’offre et de la demande, le prix du Pin maritime pourrait donc théoriquement augmenter dans les prochaines années.

* FCBA : Institut Technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement

* IGN : Institut National de l’Information Géographique et Forestière

* INRA : Institut National de la Recherche Agronomique

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
J-M Clupeau - J-M Mounier
CRPF- AMVS
1er trimestre 2014 85 Essences
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