- Une peupleraie à diversifier pour un meilleur état sanitaire -

Les peupliers sont aujourd’hui confrontés à des problèmes sanitaires multiples et majeurs. Face aux menaces des champignons et insectes, la diversification des cultivars dans les plantations est indispensable pour assurer la pérennité de la populiculture.

Ecorce peuplier1 Ecorce peuplier10

Cette sensibilité est liée au fait que les peuplements sont constitués de cultivars, c’est à dire de clones cultivés (ex : Dorskamp ; I 45 51…). Leurs populations sont composées d’individus strictement identiques reproduits par bouturage. Ceux-ci possèdent donc les mêmes caractères génétiques. Face aux attaques sanitaires, ils présentent par conséquent la même sensibilité et des capacités de réaction identiques.

Ecorce peuplier9 Plantation

Chaque cultivar de peuplier possède des sensibilités très différentes aux divers parasites. En Poitou-Charentes, les populiculteurs ont encore le souvenir des dépérissements du Luisa Avanzo, consécutifs aux attaques successives de la race E 3 de la rouille à Melampsora. Ce phénomène est également constaté sur le clone Beaupré, fortement touché par la race E 4 de cette même espèce de rouille.

Le puceron lanigère constitue le problème sanitaire majeur actuel. En France, de nombreuses peupleraies dépérissent suite aux attaques de cet insecte. Là encore, les divers cultivars montrent des réactions différentes.

Les divers pathogènes peuvent faire l’objet d’une lutte chimique. Les traitements ne peuvent en aucun cas constituer un itinéraire technique dans le cadre d’une populiculture classique et raisonnée. Leur coût est élevé, leur mise en œuvre difficile avec une efficacité aléatoire et un impact environnemental certain… Face à ce constat, la diversification des cultivars représente la meilleure lutte préventive à l’encontre des divers pathogènes du peuplier. Il est ainsi fortement recommandé de se limiter à une surface unitaire par cultivar de 2 à 3 ha maximum.

Dans une zone très populicole, il faut s’abstenir de planter un cultivar déjà très utilisé. En Poitou-Charentes, les peupleraies de certaines vallées sont composées à plus de 60 % de Dorskamp. Même si aucun problème sanitaire n’est actuellement répertorié, il est nécessaire de restreindre la place qu’il occupe.

Les populiculteurs ne doivent pas utiliser systématiquement le peuplier "à la mode", d’autant plus que l’arbre idéal n’existe pas. Le choix d’un cultivar s’effectue en fonction de son adaptation au sol, de l’importance des travaux de taille et élagage et de sa tolérance aux divers problèmes sanitaires. La liste régionalisée des cultivars subventionnables constitue la référence en la matière. On peut noter que, dans cette liste mise à jour en juin 2008, le I 214 est retiré en Poitou-Charentes. Celui-ci est en effet très sensible au puceron lanigère. Dorskamp et Triplo montrent également une sensibilité assez forte à ce parasite. La plus grande prudence reste de mise pour ces derniers.

Liste des cultivars de peuplier éligibles aux aides de l’Etat en Poitou-Charentes

Peupliers Euraméricains : A4A ; Blanc du Poitou ; Brenta ; Dorskamp (sous surveillance sanitaire) ; Flévo ; Koster ; I 45 51 ; Lambro ; Mella ; Polargo ; Soligo ; Taro ; Triplo (sous surveillance sanitaire)

Peupliers Interaméricains : Unal ; Raspalje

Peupliers Deltoïdes : Dvina ; Lena ; Alcinde.

Auteurs et organisme Date N°  Rubrique
Alain ROUSSET
GDF17
4ème trimestre 2008 64 Technique
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